MARS 1699. PROJET D'ÉTABLISSEMENT
goulachas ne soient les Sauvages qu’il nomme Quinipissas. Le Mougoulacha fit voir un livre de l’Zmitation de Nostre Seigneur, qui avoit le nom d’un Canadien dessus. Ils ont oublié ce nom. Ils avoient des bouteilles qu'ils disent que Tonty leur avoit données, qu’ils appellent le Bras Coupé ou la Main de Fer. Les deux matelots bretons qui s’estoient esgarés
en montant se retrouvèrent à ce village, où des Sauvages les avoient amenés, les ayant trouvés. Je suis fasché de n'avoir esté dans les chaloupes, car j’eusse trouvé l'arbre où estoit la lettre, dans le trou de l'arrière, dont il parle. Il y a si peu d'arbres à huit lieues de la mer, qu'il eust été facile de les visiter cus, et n’y en a qu’à la gauche en montant.
Ce mesine jour 3r, j'ay envoyé les deux felouques sonder l'entrée de la riviere des Bilocchy, pour voir si les traversiers pourroient y entrer pour y faire un establissement, sur ce que l’on me disoit qu'il n’y avoit pas d’eau à l'entrée de la rivière des Pascoboulas. Le peu de vivres qui me restoient ne me permettant pas de faire un plus long séjour à la coste, du moins le Marin qui en estoit fort court, c’est pourquoy il falloit promptement faire un establissement et le plus près de nos vaisseaux qu’il nous seroit possible, afin d’en tirer une partie de nos équipages pour le travail du fort qu'il falloit faire, pour que les hommes que je laisserois fussent en seureté. En attendant le retour de nos navires de France, ils occuperont une partie des hommes du fort à connoistre parfaitement le pays et les lieux les plus propres à establir une colonie, si on y en veut envoyer une. Cette baye des Bilocchy nous paroist la plus propre, n’estant qu’à cinq lieues de nos navires, en lieu où les vents portent et rapportent, et nos chaloupes allant et venant dans un jour, et qu'il n’y a de là à
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