‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 123 sur 504 · D'IBERVILLE VEUT S'Y ÉTABLIR PROVISOIREMENT · texte numérisé non relu

D'IBERVILLE VEUT S'Y ÉTABLIR PROVISOIREMENT

mode à establir. Nous avons tous jugé à propos de faire l'establissement dans cette baye, qui n’est qu’à trois lieues de la rivière de Pascoboula, sur laquelle sont les trois villages des Bilocchy, Pascoboula et Moctoby, et que nous l'aurions plustost fait, pouvant tirer une partie de nos équipages pour y travailler, au lieu qu’allant sur le lac de Pontchartrain nous n’y pouvions envoyer que les gens destinés pour la colonie, et que le temps, que je mettrois à aller et venir pour les y mener, sufliroit pour faire un bon fort, qui suflira en atten-

dant que l’on voye où l’on jugera le plus advantageux de

placer un bon establissement.

Le 7°, j'ay esté aux traversiers pour les entrer; le petit est venu jusques à la portée d’un canon du lieu choisy pour l’establissement, et le grand, près de là; j'en ay fait oster deux chaloupes pour le deschoücer. J’ay envoyé la felouque à bord pour advertir Lescalette de ramener la biscayenne et les hommes pour le travail, qui se sont rendus sur le soir.

Le 8e, les traversiers se sont rendus à la brise; j'ay commencé à faire défricher le lieu pour le fort et travailler à faire un puits.

Les o°, rot et ri, on a tousjours busché; j'ay mis dix hommes à équarrir du bois pour les bastions, faits de pièce sur pièce, d’un pied et demy d’espais; j'ay fait venir du bord trente hommes par ma chaloupe. Le travail va doucement. Je n’ay pas d'hommes qui scachent buscher ; la pluspart sont un jour à jeter un arbre à bas, qui sont à la vérité fort gros, de chesne et noyer dur. Jay fait dresser une forge pour raccommoder les haches qui cassent toutes.

Le 12°, ma chaloupe a apporté les vaches du bord, qui sont à moy et à Surgères, que nous avons amenées de France,

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