‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 131 sur 504 · LE 5 SEPTEMBRE PRÉCÉDENT · texte numérisé non relu

LE 5 SEPTEMBRE PRÉCÉDENT

Le vendredy 24 octobre 1698, nous levasmes l'ancre de devant Brest à sept heures du matin, la Badine ayant tiré le coup de partance à six heures et demie. Quand nous avons esté hors du Goulet, nous rencontrasmes quatre vaisseaux de guerre, l'Esclatant, l'Oiseau, la Dauphine et l'Hercule : c'estoit l’escadre de M. de Coëtlogon, chef d’escadre, qui a envoyé sa chaloupe à bord de la Badine, qui luy a tiré sept coups de canon quand elle a desbordé. M. de Coëtlogon luy en a rendu cinq. Nous avons fait gouverner à l’ouest quart de sud-ouest pour nous élever des bas fonds. Sur les cinq heures du soir du mesme jour, nous avons relevé Ouessant, qui nous restoit sept lieues au nord-nord-est. J'ay pris mon

premier point, qui est par 48 degrez 12 minutes de latitude nord et 10 degrez 40 minutes de longitude. J’ay fait depuis ce tems-là le sud-ouest d'un vent de nord-est beau frais, accompagné de quelques petits grains qui haloient les vents à l’est; sur lé matin, nous avons eu connoissance de huit navires, qui sortoient de la Manche, qui faisoient le sudsud-ouest, Pour reconnoistre le cap Finistère, j'ai cinglé au sud-ouest depuis les cinq heures du soir jusqu'à midi.

Le mercredy 20°, nous eusmes connoissance de deux navires qui forçoient de voiles sur nous, que nous prismes pour des Salétins. Sur les dix heures, nous avons arboré pavillon de signal pour la Badine, qui nous a attendus. Quelque tems après, ces deux navires ont fait porter au sud; une heure après, nous avons eu connoissance d’un autre qui faisoit la mesme route. À trois heures après midy, nous avons advert; la Badine que nous n'osions forcer de voiles, parce que nous faisions quatre pouces d’eau par horloge.

Le jeudy 3o°, les vents ont varié depuis l’ouest jusques au nord. Sur les sept heures du soir, nous avons veu un feu qui estoit, à ce que nous creusmes, le petit traversier, duquel l’'amarre avoit rompu deux jours auparavant. Le matin nous n'avons peu voir que le grand. Le commandant a arboré pavillon rouge. Nous l'avons rangé sous le vent; il nous demanda quand nous avions perdu de veue le petit traversier ; nous luy respondismes que nous avions veu le 11 un feu au

vent à nous, immédiatement après un grain, où il a venté beaucoup, et plu et fait des esclats de tonnerre. Il nous a demandé nostre longitude, nous luy avons dit... Il a arrivé vent arrière au sud-sud-ouest pour voir s’il ne trouveroit pas. Après avoir cinglé quelque temps, il a mis au plus près.

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NOV.=DÉC. 1098. NAVIGATION uU MARIN. LÉOGANE 215

Le lundy 3° novembre, sur les six heures du matin, nous avons mis notre navire à la bande pour le visiter à bâbord, qui faisoit un peu d’eau, quand la mer estoit haute, par une cheville des haubans. À midy, nous avons eu un bastiment à la veue au vent à nous, que nous avons pris pour nostre traversier. Sur les quatre heures nous reconneusmes que ce n'éstoit pas luy.

Le mardy 4°, sur les huit heures du matin, nous eusmes connoissance de Porto-Santo de Madère, qui nous restoit à l'ouest-sud-ouest.

Le vendredy 7°, nous passasmes entre Porto-Santo ct Madère.

Le samedy 8°, Madère nous restoit au sud-est quart de sud, environ dix lieues.

Le mercredy 19°, nous passasmes le tropique du Cancer, à huit heures du soir.

Le jeudy 20°,sur les neuf heures etdemie,on fitla Cérémonie.

Le mardy 2° décembre, nous vismes la terre de l’est de Saint-Domingue.

Le mercredy 3°, nous eusmes connoissance du Cap. Nous rangeasmes la coste.

Le jeudy 4°, à sept heures du matin, nous estions par le travers de Léogane; nous mouillasmes à quatre heures ct de-

mye après midy au Cap François. Le major nous dit que

M. Ducasse, gouverneur, nous avoit attendus longtemps; qu'il estoit au Port de Paix, à quatorze lieues de là.

Le vendredy 5°, on luy envoya le traversier avec M. des Jourdis pour l’amener.

Le mercredy 10°, le traversier revint. M. des Jourdis nous dit que M. le gouverneur estoit malade. |

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