DÉC, 1698. VISITE FAITE À M. DUCASSE. PORT DE PAIX
Lejeudy r1°, nous aperceusmes le François et le Wesp; le mesme soir, M. de Grucy, enseigne du François, coucha à nostre bord. Il partit à deux heures, avec le pilote de la Badine, pour aller faire entrer le François. Il entra à deux heures après midy ce mesme jour; le Wesp, qui ne le suivoit pas assez près, toucha, sans se faire cependant peine.
Le dimanche r4°, nous désabouchasmes pour aller au Port de Paix. Quatre chaloupes des vaisseaux du Roy remorquèrent nostre vaisseau hors de danger. A cinq heures du soir, nous arrivasmes au Port de Paix. En sortant du Cap, nous vismes nostre petit traversier, qui s’estoit escarté de nous. Un canot du Port de Paix vint à nous pour nous montrer le mouillage, croyant que nous ne le sçavions pas, à cause que nous avions tiré un coup de canon un peu devant que d'arriver. M. le chevalier de Surygères, M. L'Esquelet, lieutenant de la Badine, et M. de Sauvolle furent voir M. le Gouverneur, qui les receut fort bien, leur promit toute sorte de secours. Aussitost il escrivit à M. le Major du Cap de fournir à M. d'Iberville des volailles et ce dont il auroit besoin; il escrivit aussi à M. de Graff de s’embarquer dans le bord de M. de Chasteaumorant, pour le venir trouver à Léogane, pour faire le voyage avec nous, d’autant qu'il connoissoit parfaitement la coste. On escrivit aussi à M. de Chasteaumorant, pour le prier de venir trouver M. Ducasse, qui luy donneroit toute sorte de satisfaction. On envoya un nègre porter ces paquets par terre.
Le mardy 16°, M. Ducasse, gouverneur, s'embarqua à sept heures du matin; aussitost nous mismes à la voile pour Léogane.
Le mercredy 17°, au soir, nous vismes un vaisseau. Aussi-
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