‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 136 sur 504 · JANV. 1699. VUE DE LA TERRE. ON RANGE LA COTE · texte numérisé non relu

JANV. 1699. VUE DE LA TERRE. ON RANGE LA COTE

nous sondasmes quarante brasses, fond sable gris, un peu plus gros avec de petits coquillages ; à quatre heures, trente brasses, mesme fond, mais plus gros. Sur les cinq heures du soir, la Badine a arboré un pavillon hollandois pour mouiller; nous eusmes en meésme tems connoissance de la terre, qui paroissoit toute basse. Nous en pouvions estre à six lieues. Nous rangeasmes la Badine, qui nous a crié de forcer de voiles sur la terre, pour la mieux reconnoistre, ce que nous fismes. Ensuite nous sommes venus mouiller par son travers par les trente brasses; mesme fond. Nous vismes un feu au nord-nord-ouest, qui dura toute la nuit, fait par les Indiens de la Floride. Toute la nuit, il a venté bon vent d’est-nordest, qui estoit extrêmement froid. Latitude : 29 degrez 57 minutes.

Le samedy 24°, sur les six heures du matin, nous appro-

chasmes d’un vent de nord-est. Nous courusmes au nordouest et à l’ouest-nord-ouest, sur le petit traversier, qui estoit trois lieues sous le vent à nous. Le François et la Badine ont mis au plus près du vent pour mieux reconnoistre la terre. Sur les dix heures du matin, nous donnasmes la remorque au petit traversier. Ensuite nous fismes le nord quart de nordouest pour rejoindre nos vaisseaux. Nous sondasmes trente brasses, fond de vase avec du sable noir. Deux heures après, fond de sable gris, vingt-huit brasses; une heure après, fond de petit corail avec ponce; à quatre lieues de terre, vingtdeux brasses; à trois lieues, dix-neuf et dix-huit brasses, fond de sable fin. Depuis midy que nous joignismes nos vaisseaux, nous rangeasmes la coste à deux lieues près. A soleil couchant, nous mouillasmes par les dix-huit brasses.

Le dimanche 25€, sur les sept heures du matin, nous

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