‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 148 sur 504 · FÉV. 1609. PREMIERS RAPPORTS AVEC LES INDIENS · texte numérisé non relu

FÉV. 1609. PREMIERS RAPPORTS AVEC LES INDIENS

qu’il eut de la peine à se retirer; nous l’esteignismes et le mismes sur une peau d'ours. Ce pauvre malheureux expira une demy heure après devant nous. Nous entendismes que les autres venoient à nous chantant. Nous les attendismes quelque temps, mais la peur les prit; ils n’osèrent approcher. Nous retournasmes à nostre cabane. Sur les dix heures, ils rencontrèrent nos chasseurs, qui les affermirent tellement, qu'ils les amenèrent à nous chantant avec un baston à la main, fait en manière de pipe; nous les embrassasmes, frottant leurs ventres. On leur donna à fumer et des présens de toute manière, Ensuite M. d'Iberville envoya à la cabane querir la chaudière; nous mangeasmes ensemble. Deux vieilles piloient en mesme temps du bled d'Inde pour nous festiner ensuite, ce qu'ils firent. Ils nous nommèrent leurs alliés, et nous ap-

prismes quelques mots de leur langue, ensuite nous nous re-

tirasmes chez nous.

Le lundy 16°, la chaloupe alla costoyer. M. d’Iberville, son frère, le Père Anastase et quelques autres, nous allasmes à leurs cabanes, que nos gens avoient veues le jour auparavant. Nous trouvasmes des marais assez difficiles. Deux de nos gens, qui devancoient, les ayant trouvés, tirèrent deux coups de fusil qui estoient le signal ; aussitost nous y allasmes. Le temps estoit extrêmement beau. Les ayant trouvés, on fit des présens à ceux que nous n'avions pas encore veus. On leur proposa, s'ils vou'oient venir avec nous dans une chaloupe qui estoit là, que nous leur laisserions trois de nos gens à leur place, ce qu'ils acceptèrent. M. d'Iberville laissa son frère, nommé M. de Bienville, garde de marine; aussitost nous nous embarquasmes dans la chaloupe avec trois Sauvages. Nous arrivasmes à nos vaisseaux à trois heures après

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