FÉV. 1609. PREMIERS RAPPORTS AVEC LES INDIENS
midy. On jes régala, on leur fit des présens considérables,
Ils y couchèrent, les Sauvages estans à une portée de pistolet des vaisseaux. Le chef chanta la chanson de paix.
Le mardy 17°, on leur fit voir toutes les manœuvres du vaisseau et les canons, on en tira mesme à balles devant eux. Ils ne pouvoient assez considérer ce qu’ils voyoient. Après midy, M. d'Iberville s'embarqua avec eux pour les ramener. Il faisoit un bon vent desud, et, en arrivant, il trouva tous les Sauvages qui l’attendoient pour luy présenter le calumet; il leur fit des présens de toute façon. Ils luy firent connoistre qu'ils haïssoient les Espagnols. Il passa le mercredy 15° avec eux ; ils luy promirent qu'ils iroient avec luy. Ils luy nommèrent leurs alliés, qui sont les Ommas et Tangibaos, desquels nos gens eurent connoissance en descendant le Mississipi. Is dirent à M. d'Iberville qu'ils alloient à la chasse pour tuer des bestes pour luy faire festin, qu’ils luy apporteroient des bœufs, animaux qui sont fort nombreux, ou des chevreuils cet des cogs d'Inde, qu'ils alloient à dix lieues de là, qu'ils reviendroient dans trois jours, qu'aussitost qu'ils seroient arrivés de la chasse, ils feroient une grande fumée; que luy, quand il la verroit, il tireroit trois coups de canon. Aussitost M. d’Iberville, le vent estant bon nord, mit à la voile; il arriva le jeudi 19 à midy à bord. Il nous dit toutes ces nouvelles, qui nous ont resjouis. Ils admirèrent, entre autres choses, la longue veue. [ls ne pouvoient comprendre comment on voyoit loin d'un costé, et de l’autre fort près. L'eau-de-vie, qui brusloit et qu'après on la buvoit, les estonnoit aussi. Ils promirent qu'après le festin, ils viendroient avec nous à Mississipi. Ils dirent qu'ayant entendu tirer du canon, ils estoient venus, qu'ils avoient là guerre avec les Quinipissas, qui sont vingt-
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