‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 156 sur 504 · MARS 1699. ON RETRANCHE LE PAIN. CHANT DU TE DEUM · texte numérisé non relu

MARS 1699. ON RETRANCHE LE PAIN. CHANT DU TE DEUM

La coste est aussi bordée de quantité d'arbres d’une longueur prodigieuse de racines, que la rapidité du courant entraisne à la mer. Il est impossible de mettre pied à terre sans passer par-dessus, qui n’ont pas plus d’un demi-pied au-dessus de l’eau. Nous avons trouvé deux petits bras d’eau, grands comme nos ruisseaux en France, qui se perdent dans la mer du costé du nord. Nous eusmes de l’eau en abondance pour vivre, mais, en eschange, on retrancha le pain, ne mangeant que de la bouillie avec un peu de lard, Il y avoit tousjours des hommes en faction, de crainte de quelque surprise. Nous ne trouvasmes qu'environ douze pieds d'eau dans la passe, et il peut y avoir près de deux pieds de levée, un fond très doux, et en dedans douze à quinze brasses, de sorte que les navires peuvent aller le beaupré sur la tirre, qui est toute escore.

Le mardy 3°, sur les sept heures du matin, on dit la messe et on chanta le Te Deum en connoissance du fleuve de Mississipi. Ensuite on desjeuna fort succinctement, voulant espargner les vivres, n'ayant que deux barriques de pain, peu de pois et un quart de farine pour les deux biscayennes. Nous mismes à la voile d’un vent d'est. Nous trouvasmes un grand bras d’eau, qui couroit au nord-nord-est etbrisoit presquepartout. Sur les neuf heures du matin, nous demastasmes d'une raffale de vent au travers des deux bras d’eau, dont l’un court au sud-est et l’autre au sud-ouest, qui sont près l’un de l’autre et ne sont esloignez que de trois lieues de l’emboucheure. Nous mismes aussitost à terre pour ajuster nostre mast, où nous trouvasmes à terre des framboises en quantité, qui estoient presque meures, et quelques arbres çà et là de moyenne grandeur. Les deux bords de la rivière courent depuis l’ouest jusqu’au nord-ouest. A cinq lieues de son em-

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