‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 164 sur 504 · D'IBERVILLE ACHÈTE DU MILLET A DES SAUVAGES · texte numérisé non relu

D'IBERVILLE ACHÈTE DU MILLET A DES SAUVAGES

heures du soir, nous trouvasmes deux canots chargez de millet. Nous fusmes à eux; M. d'Iberville leur donna de la rassade, des couteaux et autres choses pour leur millet, dont ils parurent fort contents. Il y en avoit un de la nation Nacha et l’autre Bayogoulas, qui retourna le mesme soir au village. Nous montasmes un moulin de fer, que nous avions pour moudre du bled d'Inde. Ayant mangé le baril de farine, que nous avions en bouillie, et ayant fort peu de pain, nous commençasmes à faire de la sagamité, qui n’est autre chose que du bled d'Inde moulu ou escrasé, bouilli avec de l'eau et un peu de gras de lard fondu pour assaisonnement, sans autre chose que cela pour nous sustenter, avec de l’eau pour boire, l'eau-de-vie ayant manqué. J’avois obmis de dire que sur les trois heures nous trouvasmes un grand bras d’eau qui court au sud-est, dans lequel il y a plusieurs nations de Sauvages habituées, qui peut estre à cinquante lieues de la rivière. Nous fismes cette journée-là six lieues, n'ayant pas trouvé les courans si violens, à cause de ce bras d’eau qui les diminuoit beaucoup.

Le samedy 14°, sur les six heures et demie, nous nous em:barquasmes pour le village, que nous sçavions n'estre pas esloigné, à ce que nous firent entendre les Sauvages, que nous avions veus vendredy au soir. Nous ramasmes à force afin d'arriver plus tost. La rivière serpente par plusieurs détours, que nous trouvions. Sur les deux heures après midy nous vismes un canot dans lequel il y avoit quatre Sauvages, scavoir, deux hommes et deux enfans, avec un homme de vingt-cinq à trente ans, et un vieillard auquel on avoit enlevé la chevelure, ayant esté pris en guerre. Il estoit couvert d’une peau d'ours, le visage tout barbouillé de boue, croyant estre plus beau,

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