‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 20 sur 504 · NOUVELLES DE FRANCAIS SAUVÉS · texte numérisé non relu

NOUVELLES DE FRANCAIS SAUVÉS

Lettre du sieur de Boissieux.

7 janvier 16098, à Morlaix.

J'ay receu la lettre, Monsieur, que vous avez escrit à M. de Fricambault au sujet de deux François que j’ay ramené des isles de l'Amérique; ils ont esté rachetez dans la Baye du Saint-Esprit par MM la comtesse de Galvez, femme du viceroy des Indes d'Espagne; elle fit la despense d'envoyer en ce pays là environ cinq cents hommes pour enlever les gens de l’infortunée colonie, au cas que les Sauvages ne voulussent pas entrer en composition, ce qu'ils ne refusèrent pas pour tout ce qui restoit, à la réserve d’un des deux qui sont icy, qui ne vint au Mexique qu'en 16N9. Mais toute la famille de ces deux est venue en 1688 : trois garçons et une fille, qui est actuellement avec la comtesse, ei un garçon, qui est plus âgé

que celuy qui est à Oléron. Il revint aussy avec eux deux

garçons de Paris qui sont actuellement au Mexique dans la ville ; l’un se nomme Eustache Bremant, qui se dit fils d’un trésorier, et l’autre se nomme Pierre Meunier. On donna pour le rachat autant de chevaux qu'il y avoit de personnes. Ils sçavoient bien l’infortune de M. de La Salle, car il avoit envoyé l'aisné de ces garçons à cent lieues dans les terres pour luy faire apprendre la langue.

La rivière qui forme cette baye est très considérable et très profonde, mais l'entrée en est impraticable, ne pouvant y faire entrer que des chaloupes, qui tirent trois ou quatre pieds d'eau. C’est ce qui fit eschouer M. de Beaujeu, croyant l'entrée très bonne. Les Espagnols la nomment la rivière de la Palissade, et les François la rivière aux Cannes. Cette nation vit à peu près comme le reste des Indiens de ce pays là, à la réserve qu’ils ont du mays, que nous appelons blé d'Espagne, et ont beaucoup d'animaux sauvages, comme bœufs, sangliers, lièvres et plusieurs autres. Comme vous demandés au sujet de la colonye, il n'y en a pas eu, que lorsque les François ont eschoué : ils ont fait une espèce de camp, qui n'a subsisté que tant que La Salle a esté avec eux.

Les trois garçons furent mis sur le vice-amiral! de l’armada de Barloviento, composée de cinq vaisseaux, sçavoir : l'admiral et le vice-admiral et le contre-admiral et deux frégates. Ils demandèrent à estre renvoyez en Espagne auprès de la comtesse; mais M. l’Intendant ne le voulut pas, ny M. Desaugiers. Pour les mines d'or, ils ne scavent point ce que cela veut dire. Pour la colonye de La Salle, elle estoit à trois cents lieues par mer ct environ mille par terre, de la ville de

1. Pris à quelque distance de Saint-Domingue, le 7 janvier 1697, par M. Patoulet, commandant le Bon, vaisseau de l’escadre de M, Desaugiers.

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Mexique : voilà, Monsieur, tout ce que je peux vous apprendre. Je souhaiterois vous pouvoir dire autre chose de plus particulier de ce pays là, estant, Monsieur, avec vérité,

Vostre très humble et très obéissant serviteur,

DE BoilssiEux

Mémoire sur les interrogatotires à faire aux deux soldats de la compagnie de Feuquerolles qui ont esté dans la rivière de Mississipt avec le feu sieur de La Salle.

15 janvier 1698.

Quel nombre d'hommes il se débarqua avec le sieur de La Salle.

La nature du pays où ils se debarquèrent, s’il y avoit une rivière, et en ce cas sa largeur et sa profondeur à son emboucheure ; s'il y avoit des lacs et si la terre consistoit en prairies ou en montagnes.

En avançant dans les terres quelle sorte de pays ils ont trouvé; s'ils y ont trouvé des Sauvages, et s'ils ont eu quelque connoissance des mines qu’il peut y avoir.

Quels fruits et quelle denrée cette terre produit.

Jusqu'à quel endroit le sieur de La Salle les a menés.

Ce qui s'est passé à la mort dudit sieur de La Salle.

Ce qui leur est arrivé de plus remarquable jusqu'à ce temps.

Les partis que prirent tous les gens qui estoient avec ledit sieur de La Salle au temps de sa mort.

Ce qu'ils firent en leur particulier.

De quelle manière ils sont tombez entre les mains des Espagnols.

Leur demander ce qu'ils ont veu dans la Nouvelle Espagne et dans les pays où ils ont passé pour y aller, et entrer sur cela avec eux dans le plus grand détail qu'il se pourra; leur demander particulièrement s’ils ont veu la rivière Mississipi, et ce qu’ils ont appris de son cours et de l'endroit où elle tombe dans la mer.

Sçavoir s'ils ont passé beaucoup d’autres rivières, en allant au Mexique, leur largeur et leur profondeur.

Quelle sorte de gens ils ont trouvé dans ce chemin, et s’il leur a paru qu'on puisse lier le commerce avec eux.

S'ils ont veu les mines des Espagnols, les endroits où elles sont situées, et comment on pourroit y aller.

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PLAN DE LEMOYNE D'IBERVILLE ET PRÉPARATIFS DE SA PREMIÈRE CAMPAGNE POUR LA FONDATION D'UNE COLONIE A LA LOUISIANE. MÉMOIRES ET INSTRUCTIONS.

LETTRES PARTICULIÈRES DE D'IBERVILLE ET DE CHASTEAUMORANT CONCERNANT LA DÉCOUVERTE DE L'EMBOUCHU®+ DU MISSISSIPI.

RELATION DE D'IBERVILLE, COMMANDANT LA BADINE. JOURNAL DU CHEVALIER DE SURGÈRES, COMMANDANT LE MARIN.

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