‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 210 sur 504 · QUI DEÉVIENNENT TROP PUISSANTS · texte numérisé non relu

QUI DEÉVIENNENT TROP PUISSANTS

Mémo"e de la Coste de la Floride et d'une partie du Mexique.

Ayant recherché avec soin tous les mémoires que j'ay peu avoir qui parlent de ce pays, ct après avoir pris la connoissance des personnes qui y ont esté, tant François prisonniers que Espagnols et Anglois flibustiers, je commenceray

par les Apalaches, qui est un establissement que les Espa-

gnols ont à la Floride, à cent cinquante lieues droit au nord du cap Saint-Antoine de Cube, qui fut fait en 1564 par des marchands de ïa Havane, pour commercer avec les Sauvages, sur ce qu'ils voyoient que des brigantins y alloient pour cela, et par les suites il s'y est estably plusieurs familles de bonne volonté. Quelques familles, par punition, y ont esté envoyées. Les habitans de la Havane y font à présent un commerce de farine, de lard, de bœuf, de jambons et volaille, qu'ils portent à la Havane. Les terres y sont très belles, le long d'une rivière, où elles sont habitées par la latitude de 30 degrez. Les uns m'ont dit que des navires de trois cents tonneaux pouvoient y aller, et d’autres m'ont dit que non, et qu'ils alloient seulement à trois lieues d'une pointe qui en est à l’est. Il peut y avoir à présent aux Apalaches quatre ou

RIVIÈRE APACHICOLY, = PENSACOLA, 300

cinq cents hommes en tout establis, un couvent de Récollects et Jacobins.

Depuis treize années, on m'a asseuré que de la Havane on a fait un cstablissement à une rivière, qu'ils nomment Apalachicoly, à l'ouest des Apalaches, de trente-six à quarante lieues, où il y a un gouverneur et trente à quarante soldats, et où il commence à y avoir quelques habitans, que l'on fait travailler à des mines d’estaim, qui s’y trouvent, Ils en tirent fort peu, faute d'hommes pour y travailler, les Sauvages ne voulant pas s'adonner au travail. On m'a asseuré qu'il y a de l'eau, à l'entrée de la rivière, pour des bastimens de deux cents tonneaux et peut-estre plus grands. Un de cette grandeur y a entré il y a cinq ans. J’ay sceu cela d'un Espagnol, qui m'a dit y avoir esté il y a trois ans. Cette rivière est distante de la Havane de cent soixante-six lieues ct par la latitude de 30 degrez 25 minutes nord.

D'Apalachicoly venant à l'ouest, quinze lieues, il y a une rivière assez grande ou descharge d’un lac d'eau salée, qui est barrée par des bancs de sable. De Pensacola, en chaloupe, en dedans de la baye, les Espagnols ont esté à six lieues à l'est dans le fond d’une baye, d’où ils ont fait un portage de leurs canots par-dessus une langue de terre de trois quarts de lieue, et tombé dans un lac d'eau salée, qui va près d'Apalachicoly, qui en des endroits a six à sept lieues de large ct en d'autres une et deux, séparé de la mer par une langue de terre de une lieue et demie, plus ou moins. Ils furent à la chasse aux bœufs, qu'ils appellent Cibola, dans une baye de ce lac, qui va dans la profondeur : ils y trouvèrent quelques mines d'argent, qui à l'espreuve s’en fut en poussière, et elles ne se sont pas trouvées bonnes, Dans le Mexique, il s'en trouve de

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