‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 211 sur 504 · LA MOBILE ET FERNAN SOTO · texte numérisé non relu

LA MOBILE ET FERNAN SOTO

semblables parmi les bonnes : ils croyent qu’il s’en pourroit trouver de bonnes parmi celles-là, en cherchant. Pensacola est un beau port, où les Espagnols sont venus habiter sur l'advis qu'ils avoient eu que les François devoient le faire à cette coste. Ils estiment ce port le plus beau de toute la Floride, qui est environ à cent quatre-vingts lieues au nord-nordouest du cap Saint-Antoine. Il y a sur la barre, à l'entrée, vingt-deux et vingt-trois pieds d’eau le moins, et dedans quarante pieds ei plus; les terres du bord de la mer sont de sable, couvertes de pins; le pays, aride. A trois lieues de l'entrée, il y a une rivière qui tombe dans la baye, qui est très belle à habiter et où ils prétendent faire la colonie. Ils ne connoissent pas bien le dedans du pays, ny les nations sauvages qui l’habitent; ils nomment tous les Sauvages de cette partie de la Floride Chichimèques.

A treize lieues à l’ouest un quart sor-ouest de Pensacola est la Mobile, qui est une baye de plus de seize lieues de tour, dans laquelle il tombe une grosse rivière d’eau assez trouble. Les terres y sont très belles, couvertes de toutes sortes de bois meslés. Si cette rivière court au nord dans les terres, les Bayogoulas et les Oumas m'ayant dit que les Quinipissas estoient à l’est d'eux, à sept ou huit jours de marche, que j'estime environ soixante lieues, ils ne devroient pas estre bien loin de cette rivière, quoyqu'ils m’ayent dit qu’ils n’estoient

point sur le bord de la rivière. Sur la barre, à l'entrée de la

Mobile, il y a douze à treize pieds d'eau, pas moins ; dedans, beaucoup d'eau. C'est sur cette rivière où Fernan Soto donna cette fameuse bataille, dont il est parlé dans son Æistoire de la congueste de la Floride, contre les habitans de la Mobile. Le port d’Acusy, dont il est parlé, est Pensacola.

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