BAIE DU BILOXI. — LAC PONTCHARTRAIN
A quinze lieues à l’ouest de la Mobile, il y a plusieurs isles, à trois lieues et demie au large de la terre ferme, où, au nord d'une, nous avons mouillé nos navires fort près de terre, par vingt-six et trente pieds d’eau, à l’abry des vents d'est, de sud-est, sud-sud-ouest et ouest, par uneisle à deux lieues, et du nord-ouest et nord et nord-est, par la terre, à trois lieues et demie. Cette isle peut avoir deux lieues de long : le milieu, couvert de bois de pins et quelques chesnes; les deux pointes sont de sable, couvertes d’herbe en partie et petits haziers. A quatre lieues au nord-nord-est de cette rade, il y a une baye des Bilocchys, qui peut avoir une lieue de large et profonde de cinq lieues, couverte par une isle de deux lieues de long. Il n’y a, pour entrer dans cette baye, que sept pieds d'eau, où j'ay fait l'establissement. À quatre lieues à l’est, il
y a une rivière des Pascoboulas, qui est profonde dedans et
à l'entrée est barrée de bancs d’huistres, sur lesquels il n’y a que trois pieds d’eau. Cette rivière court au nord-ouest et ouest, sur laquelle il y a trois villages sauvages nommés Pascoboula, Moctoby et Bilocchy. Le pays y est parfaitement beau, plein de chasses aux bœufs, chevreuils et coqs d’Inde. À ce que les Sauvages nous ont fait connoistre, 1] communique au Mississipi par des lacs et petites rivières. Au sud-sudest, à quatre lieues de la rade, où on mouille, il y a desisles sans nombre pendant dix-huit lieues, jusqu’à dix lieues au nord du Mississipi, qui forment une baye avec la terre du nord, qui court à ouest environ huit lieues, dont je ne scçais pas la largeur, ne l'ayant jamais traversée. Je l'estime de sept à huit lieues, Cette baye se communique par une rivière de trois lieues de long à un lac, que nous avons nommé de Pontchartrain, qui court à l’ouest vingt ou vingt-cinq lieues, et est