‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 220 sur 504 · LES ESPAGNOLS HAÏS DES SAUVAGES · texte numérisé non relu

LES ESPAGNOLS HAÏS DES SAUVAGES

de grands navires, il n’y auroit point de difficulté de prendre ce pays-là en temps de guerre et se fortifier au nord de Ja rivière. Tous les Sauvages du pays seroient aussitost de nostre party, qui sont mescontens des Espagnols, qui sont les plus foibles dans ce pays-là. S'ils s'y maintiennent, ce n'est que parce qu'ils n’ont qu’un port de mer sur toute la coste, qui est la Vera-Crux, et qu'il n'est permis à aucun navire espagnol d'aller dans d’autres, de crainte d'y attirer les Sauvages sur le bord de la mer, qui sont tous dans les terres et ils ne les souffrent pas s’y establir ailleurs, de peur qu'ayant des communications avec d’autres nations, ils ne les attirassent et ne les joignissent à eux pour les chasser du pays. Le commerce de tout ce pays-là ne se fait que par terre d'une place à l'autre, en transportant sur des mulets toutes leurs denrées et effets à la ville du Mexique ou la Poible et de là àla Vera-Crux. Les estrangers trouvés dans le pays sont menés dans le Nouveau-Mexique ou dans les provinces les plus esloignées. Ils traitent très rudement tous les naturels du pays. Les Indiens ou Sauvages qui sont sous la domination espagnole payent, par année, au Roi 22 rceales par teste ; les mulastres qui ne sont pas d'Espagnols payent 12 reales; les femmes payent autant que les hommes.

Si la France avoit une colonie à ces costes, en peu de temps elle y deviendroit puissante et seroit en estat de se saisir du Nouveau-Mexique avec peu de forces. Un parti de quatre à cinq cents hommes, Canadiens et autres, seroit plus que suffisant pour cela. — Une colonie en ce pays-là sera bien plus facile à faire qu’en tout autre pays, par le peu de maladies qu’il y aura en se précautionnant pour cela.

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