‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 242 sur 504 · ANGLAIS ET PROTESTANTS RÉFUGIÉS · texte numérisé non relu

ANGLAIS ET PROTESTANTS RÉFUGIÉS

estre désavantageux à nostre cestablissement d'avoir les Espagnols là.

Depuis mon arrivée, j'ay escrit à Londres pour sçavoir des nouvelles des navires partis l’année dernière de Londres pour aller establir cette rivière, qu'ils disent estre Mississipi.

On me mande que l’on attend de jour en jour le retour de deux navires partis l’année dernière pour cela, qui ont deu relascher à la Caroline, d'où ils sont repartis pour continuer leur voyage. L’un est commandé par un capitaine nommé Bank, que j'ay pris deux fois à la baye d'Hudson, qui est un estourdy peu capable; l’autre, sur lequel roule l’entreprise, s'appelle Leu, qui est François. Un nommé Lamale est à Londres, prest à partir, à la première nouvelle de leur arrivée, avec deux bastiments, et disent mesme que sans nouvelle ils partiront au mois d'octobre, ce qie je ne crois pas. Ils ne parlent à Londres que du Mississipi; que si je me mets d'un bord, ils se mettront de l’autre. Je vois bien qu'ils ne disent cela que pour cacher leur dessein d’habiter la rivière qu'ils nomment du Saint-Esprit.

Si vous avez dessein, Monseigneur, de me faire passer au cap Saint-Antoine à la rivière d’Apalachicoli, pour voir ce qui se passe, et si ce n’est pas là où les Anglois habitent, je pourrois détacher du cap Saint-Antoine la Gironde pour aller droit au fort de Maurepas, et moy faire la route d'Apalachicoli, et de là au fort. Si vous aviez dessein que j'aidasse les Espagnols en quelque chose, il seroit absolument nécessaire que j'eusse une petite frégate de huit ou dix canons, avec quarante hommes. Il y en a une à La Rochelle très bonne et neuve, qui ne coustera pas plus de 6 à 7,000 livres,

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