SUR LA RIVIÈRE DESCENDUE PAR LES ANGLAIS
d'Apalachicoli, qui est à environ soixante-cinq lieues à l’est du Mississipi et à vingt-cinq ou trente lieues à l’ouest des Apalaches, sur laquelle j'ay l'honneur de vous escrire et vous marquer que des Espagnols de la Havane l’avoient habitée depuis treize années. Il se pourroit qu’il n’y auroit pas cela et qu'ils ne l’auroient occupée que sur l’advis qu’ils auroient eu que les Anglois l’auroient descendue et descouverte par les terres, comme nous avons fait du Mississipi, de crainte qu'ils ne la vinssent occuper par mer, comme ils ont voulu faire du Mississipi, ayant sceu que nous le devions faire. On m'a asseuré que cette rivière d'Apalachicoli estoit grande. Il est à croire que les Espagnols s'y opposeront.
Je ne vois pas que ce puisse estre celle qui tombe dans la baye de Pensacola, dont les Espagnols occupent l'entrée.
La rivière de la Mobile est bien assez grande pour cela et vient du nord-nord-est. Je n’ay pas remarqué que l'entrée eust aucun rapport avec celle du Saint-Esprit de dessus la carte que j'ay; elle est si près du fort de Maurepas que je serois en estat de les chasser de là, et j'en aurois eu quelque connoissance pendant mon séjour là. Mon sentiment sur cette rivière est que c’est celle d'Apalachicoli. Il ne seroit pas à souhaiter que les Anglois l’occupassent, car cela feroit un tort considérable à l’establissement que l’on a dessein de faire à cette custe. Je crois bien que les Espagnols s’y opposeront; mais ce sont des gens si peu capables de cela, que je crois qu’ils auront besoin d'aide, ce que je pourrois faire, sans que cela parust prémédité, en passant par-là, ce qui ne me destourne pas de mon chemin. On pourroit leur offrir nos services pour les chasser d’une place qui ne leur appartient pas, en aidant les Espagnols à s'y maintenir, ce qui ne pourra