‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 255 sur 504 · FÉVRIER 1700. ARRIVÉE DE TONTY · texte numérisé non relu

FÉVRIER 1700. ARRIVÉE DE TONTY

icy des marchandises et de se défaire de leurs castors, dont ils sont fort embarrassés. J'ai sceu de M. de Tonty qu'il n'estoit pas vrav que les Natch2z eussent tué M. de Montigny, et qu'ils estoient de nos amis, aussi bien que les autres nations.

Me trouvant prest à partir pour monter dans la rivière de la Sablonnière, j'ay engagé M. de Tonty à le faire avec moy, ce qu’il a fait avec plaisir, voyant que c'estoit le service du Roy. J’ay déterminé les autres Canadiens à le faire aussi, en les payant, comme les autres Canadiens, pour le temps que je m'en serviray, en poudre et autres marchandises, que j'ay icy pour des présens, dont je me serviray pour les satisfaire; j'espère, Monseigneur, que vous le trouverez bon. J’avois besoin de ce secours, n'ayant que trente Canadiens, que je peusse mener avec moy de ceux que j'ay icy, en ayant laissé au fort vingt de malades et les autres à l’establissement que j'ai fait faire sur cette rivière.

M. de Tonty me sera d’un grand secours, sçachant parier illinois, et de ces Canadiens parlant des langues de ces nations, ce qui me donnera des interprètes.

M. de Tonty désaroue fort d'avoir jamais fait de relation de ces pays là, et dit que c’est un aventurier de Paris qui l’a fait sur de faux mémoires, le tout pour gagner de l’argent.

Ce renfort de bons hommes fera que je pousseray bien plus avant que je n’aurois fait et que je seray du moins dans ce voyage deux à trois mois, afin de bien connoistre le pays. De crainte de me trouver court de vivres, n’en ayant que pour tout le mois de juillet, j'escris à M. de Surgères qu'il est à propos qu'il prenne la route qu'il pourra et me laisse un mois de ses vivres et plus s’il peut, en ayant, comme moy, pour tout le mois de juillet.

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