Û FÉVRIER 1700. LESUEUR VA REMONTER LE MISSISSIPI
Les 17°et 18°, il a verglassé tout le jour et fait grand froid.
Le 19°, je suis party avec le sieur de Tonty pour aller joindre mes felouques à quarante lieues dans le haut de la rivière, à un portage d'une lieue, qu'il y a du fond du lac de Pontchartrain, pour tomber dans cette rivière, où j’ay fait amener le sieur Lesueur et tous ses effets par les deux grandes biscayennes; il va faire à c portage des pirogues pour remonter le fleuve.
Le sieur de Tonty et les autres François ne croyent pas qu'il puisse aller en seureté aux Sioux, sans estre pillé des Illinois, qui sont résolus de ne pas souffrir qu’aucun François aille porter aux Sioux, leurs ennemis, des munitions de guerre. Ils ont pillé onze François, qui en revenoient le mois d'octobre dernier avec 33,000 livres de castor.
J'envoye le grand traversier pour sonder la coste jusques aux Apalaches, et voir s’il est vray que les Anglois s'establissent à la baye de Carlos. J’escris en passant au gouverneur de Pensacola et luy fais offre de mes services, et à celuy d’Apalache.
Le petit traversier ayant bruslé le ro° de janvier, sans que l’on ait sceu qui y avoit mis le feu, cela m'a empesché d’en envoyer un à l’est et à l’ouest; j'ay cru qu’il valoit mieux envoyer du costé des Apalaches sçavoir ce qui s’y passe, à cause des Anglois, qui connoissent une rivière dans les terres et sur le bord de laquelle ils sont, qui tombe à la mer aux environs d’Apalache.
L’establissement espagnol que les Anglois ont trouvé, environ à quatre-vingt-dix lieues à l’ouest du Mississipi, est où M. de La Salle avoit esté, d’où ils n'aiment pas voir approcher d’autres nations. J'en sçauray des nouvelles aux Cenis,
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