RIVALITÉ ANGLAISE
Guillaume II, intitulé Nouvelle Découverte d'un pays plus grand que l’Europe, où il s’offroit, si le Roy Guillaume III y vouloit envoyer, qu'il estoit prest à y piloter lesnavires. S'il n'en avoit pas d’autres, il n'y feroit rien. C’est un homme que j'ay connu pour un ignorant, qui n’a jamais esté que dans le haut du Mississipi, et n’a nulle connoissance du bord de la mer. Ces préparatifs se font à Londres sans secret.
De l'humeur dont je connois les Anglois, je ne doubte pas que, si nous nous trouvons à cette coste et qu'ils soient les plus forts, ils ne nous disputent le terrain.
Je crois que pour estre en estat de ne rien craindre d'eux et les faire craindre eux-mesmes, il nous sera nécessaire d’avoir une bonne corvette de huit ou dix canons et un bon traversier avec nous, pour aller sonder sur la coste avec nos chaloupes, et les soustenir contre le mauvais tems dans les endroits, où elles pourront estre envoyées. Surtout les Anglois y estant feront ce qu'ils pourront pour empescher nostre establissement. Quelque ordre qu'ils ayent de ne nous rien faire, il sera comme impossible que, nous trouvant pour le mesme dessein dans ce lieu là, nous n’ayons quelques petites guerres ensemble, sur bien des choses que l’on ne peut prévoir à présent, Ils sont des gens à arrester nos chaloupes, s'ils le peuvent, où ils les trouveront, et les garder bien du temps sur quelque prétexte, devant que de les renvoyer et pendant lequel temps ils feront leurs affaires. Pour moy, si je les y rencontrois, ayant ordre d’establir ce pays, je ferois en sorte de détourner leur chaloupe et petits bastimens, sans quoy l'on ne peut rien faire dans un pays comme celuy-là,
Comme il m'a paru, Monseigneur, que vostre dessein est de faire un establissement dans ce pays, je croys que vous