ORNE ER
à la bastisse d’un autre, joint à plusieurs autres raisons qui demandent trop d'escriture et dont j'auray l'honneur de vous entretenir.
Comme je n'ay trouvé dans l'entrée du Mississipy que la mesme quantité d’eau que l'année dernière, qui est onze à douze pieds, je me suis seulement contenté de faire un petit establissement pour en avoir la possession, de crainte qu’une autre nation ne nous la vinst disputer et l’occuper. Les Anglois, qui y entrèrent l’année dernière, menacèrent d'y venir en occuper un costé. Pendant notre séjour à New-York, plusieurs marchands y ont receu des lettres de Londres, par lesquelles on leur marquoit que trois navires estoient partis pour aller faire un establissement au Mississipi; d’autres disoient que c’estoit où M. de La Salle avoit fait le sien. Ce que je ne crois pas, car les Espagnols l'ont occupé. S'ils connoissoient la rivière de la Mobile, ce seroit le meilleur poste qu'ils peussent occuper sur cette coste, par rapport à la branche qui va au nord-est et prend sa course aux montagnes d'Apalache, qui séparent la Caroline d'avec la Floride, et par laquelle branche il a descendu des Anglois, qui sont venus trois au village de la Mobile et des Toomes, il ya deux ou trois années, à ce que j'ai sceu des Sauvages, mais je n’ay pas de connoissance qu'aucun Anglois y ait esté à l'entrée. Si la France establit ce pays-là, je crois qu’il sera bon d'occuper la Mobile, par laquelle on fera un bon commerce ct on communiquera facilement par terre dans tout le haut du Mississipi jusques aux Illinois. M. Fleury, que j’avois veu à Londres s'en revenant, fut à bord d’un vaisseau de trentedeux canons, où estoit le capitaine Bank, maistre. C'est luy qui estoit au Mississipi l’année dernière. Ce navire estoit prest
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