‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 273 sur 504 · M. DE RIOLA, GOUVERNEUR DE PENSACOLA · texte numérisé non relu

M. DE RIOLA, GOUVERNEUR DE PENSACOLA

bien pu connoistre par nos manières que nous ne servons qui que ce soit que le Roy, et moy, par les discours que ces Messieurs là nous ont tenus, je compte qu'ils sont fort jaloux de ce que nous sommes icy, quoyqu'ils maudissent beaucoup le pays, cependant qu'ils ne tenteront rien cette année pour nous en faire retirer, mais qu'ils attendront à la prochaine pour donner le temps à leur Cour d’en décider. Ils sont partis le 28° matin et ont esté contraints de mouiller le mesme jour à trois lieues dans l’est-nord-est de ce mouillage à cause des vents, qui leur sont devenus contraires, d'où ils sont appareillés le 30° matin.

Le traversier est arrivé en cette rade le 9° de mars de retour de la rivière du Mississipi. Le commandant m'a dit qu'il avoit esté vingt jours à en venir, à cause des vents contraires, qui l'ont mesme empesché de sonder les environs d'une isle, qui gist nord et sud de l'entrée du fleuve, à distance de cinq à six lieues, que, s’il n’avoit pas manqué de vivres, il ne seroit pas revenu sans l’avoir fait, puisque M. d’Iberville luy en avoit donné l’ordre. Le lendemain de son arrivée, j’ay fait travailler à le mettre en estat de faire la campagne pour laquelle M. d’Iberville l'a destiné. Le 15° matin, il auroit fait voile, si le vent avoit esté favorable, mais ne l’estant devenu que le 18, le commandant en a profité; le 20°, il a rencontré la frégate espagnole, sur laquelle estoit M. de Riola, gouverneur de Pensacola, à qui il a rendu une lettre de la part de M. d'Iberville. Après l'avoir lue, il luy a conseillé de n’aller pas plus loin, mais de s’en revenir à cette rade, où il venoit pour parler aux officiers qui y commandoient les vaisseaux qui y estoient. M. de Surgère, M. de Sauvole et moy, ayant raisonné sur le prompt retour du traversier, nous avons

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