ENVOI DE MUNITIONS AU FORT DU MISSISSIPI
jugé à propos pour le service de ne point le laisser aller davantage le long de leurs costes, parce qu'ils en auroient peut estre de la jalousie ; aussy nous luy avons changé sa destination. Comme il est du service de connoistre la rade de l'isle qui est la plus voisine du Mississipi, qui n’a pas encore pû estre sondée, et de porter des munitions qui sont nécessaires au nouveau fort qui est dans la rivière, nous l'avons fait partir le 29°, pour s’y en aller d’abord les desbarquer, après quoy il repartira incessamment pour venir sonder ladite isle, afin que M. d’Iberville puisse vous en rendre compte à nostre retour. Il seroit de conséquence d'y trouver une aussi bonne rade que celle-cy, puisqu'il est vraisemblable que, s'il y a quelque avantage à retirer de ce pays, ce sera par le moyen du fleuve ; c'est pour quoy il faut tascher de trouver lieu à l’approcher de près.
Le reste des munitions de la colonie est party le 20° pour le fort de Biloxi. Le 30°, M. de Surgère estant sur son départ, j'ay fait revenir plusieurs gens de l'équipage, qui y travailloient à un ouvrage que M. d’Iberville a ordonné qu'on fist en son absence, et y ay cependant laissé un destachement suf-
fisant pour avder à le parfaire avant son arrivée. J'ay donné P y P
ordre à l'officier qui le commande de se rendre incessamment au vaisseau au premier signal de canon que je feray. Au cas qu'il vienne quelques estrangers pour m'insulter, je feray tout ce que je pourray pour leur respondre, et, s'ilse passe quelque chose de nouveau jusqu'au retour de M. d’fberville, j'auray l'honneur de vous le mander à nostre retour.
Je suis avec un très profond respect, Monseigneur, vostre très humble et très obeissant serviteur,
DE Ricouarr.