‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 315 sur 504 · MARS 1700. MAUVAIS CHEMINS. VOYAGE DANS L'EAU · texte numérisé non relu

MARS 1700. MAUVAIS CHEMINS. VOYAGE DANS L'EAU

rivières, que nous avons passées par-dessus des arbres que nous avons jetés de travers, qui les barrent. A deux lieues de là, nous avons trouvé une belle prairie sèche d’une demilieue de large et fort longue, au bout de laquelle il s’est trouvé une rivière d'environ quarante pas de large, un fort courant plein de crocodiles; elle couroit nord et sud. Nous l’avons passée en cajeux, et toutes ces rivières vont se rendre à celle des Ouachitas.

Le 25°, nous avons décampé au matin, et marché tout le jour droit à l’ouest, cinq degrés sud, six lieues dans les bois et prairies et savanes, tousjours sans discontinuer, dans l’eau jusqu'aux genoux, au ventre, et quelquefois jusqu’au cou. Il est bien désavantageux à un homme de moyenne taille d’aller dans de pareils pays. Je vois de mes gens qui n’en ont que jusqu'à la ceinture, tandis que moy et d’autres sommes presque à la nage, poussant nos paquets devant nous, sur des bois, pour ne pas les mouiller. Je cabanay à cinq heures du soir, plus tard que nous ne voulions, ne trouvant de pays sec que sur le bord d’une prairie où il paroist bonne chasse, où mes gens ont tué un bœuf dont on a fait bonne chaudière, ayant tous grand appétit.

Le 26°, je séjournay dans ce lieu de chasse, où mes gens ont esté et ont tué trois chevreuils, douze dindes fort grasses. Le flux de sang a pris à deux de mes gens et des coliques très violentes.

Le 27e, je suis parti du matin, laissant à ce cabanage deux hommes malades et un de leurs camarades pour en avoir soin. A une demi-lieue de mon cabanage, je trouvay une rivière de trente-cinq pas de large. Le guide sauvage nous fait entendre

qu'il y a sur cette rivière un village de Coroas, en haut. Nous

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