MAI 1700. AVIS DONNÉS PAR DES DÉSERTEURS DE PENSACOLA
Le 21°, j'ay envoyé ces Sauvages au fort par le traversier armé du Mississipi.
Le 25°, j'ay esté au fort pour y régler bien des choses. J'ay fait un présent à ces Sauvages, et les ay renvoyés dans une chaloupe au portage avec M. Davion, où ils doivent passer un canot, et de là descendre au fort du Mississipi, où sont leurs canots. M. de Montigny passe en France avec moy; les huit Espagnols que mes gens avoient veus au village de la Mobile sont arrivés au fort, conduits par des Sauvages. [ls ont déserté de Pensacola, au commencement de mars, dans le dessein de gagner le Nouveau-Mexique ; ils m'ont asseuré que le gouverneur estoit parti de son fort pour venir se rendre maistre du nostre et nous faire retirer et s’y establir, s’il trouvoit le lieu beau ; on le devoit faire ailleurs, ils ne savent pas où. Ils croyent que c’estoit à la rivière de Palissade, qui est le Mississipi.
Le 27°, je suis revenu à bord.
Le 28°, je suis sorti de la rade en me toüant et louvoyant, les vents estant au sud-sud-est et surouest,où ils sont depuis dix jours sans changer.
Copie du Journal du Voyage de M. de Bienville des Taensas au village des Yatachés, par les terres. (22 mars-18 mai
Le 22° de mars, je suis party du village sur les neuf heures du matin, avec vingt-deux Canadiens, six Taensas et un Ouachita. Je marchay tout le jour, dans un pays noyé, dans l’eau jusqu’à moitié jambes et aux genoux. Sur le soir, je me suis rendu sur le bord d'une petite rivière de soixante-dix pas de large et fort profonde, distante des Taensas de quatre lieues et demie à l’ouest. Je trouvay là les Ouachitas avec plusieurs canots en partie chargés de sel. Ils abandonnent leur village pour aller demeurer aux Taensas. Ils sont venus de chez eux par de petites rivières, praticables dans les eaux hautes.
Le 23° au matin, j'ay passé cette rivière dans les canots de ces Sauvages. À demi-lieue de là, à l’ouest, j’ay trouvé une rivière de trente pas de large, qui couroit nord et sud; beaucoup de courant, que j'ay eu de la peine à passer, ne trouvant pas de bois pour faire des cajeux, pour passer le bagage. De là, j'ay fait deux lieues à l’ouest, dans des mauvais pays mouillés. La pluye a fait camper de bonne heure. Les Taensas m'ont déserté à cause des mauvais chemins et du grand froid; ils n'aiment pas à marcher nus dans les eaux.
Le 24°, nous décampons à soleil levant, de temps assez froid. A trois quarts de lieue à l’ouest, je trouvay deux petites
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