AVRIL 1700. RENCONTRE DE NADCHITOCHES
une rivière de trois lieues de large, assez sèche. De là, je tombay dans un pays mouillé pendant une lieue et demie. Nous y avons trouvé deux petites rivières fort rapides, qu'il nous a fallu passer à la nage ; l’eau y estoit très froide. De là, nous avons traversé un marais, au bout duquel nous avons trouvé six Nadchitoches qui alloient aux Coroas vendre du sel. Jay fait aujourd’huy quatre lieues et demie au ouest quart surouest; ces dernières pluyes nous rendent le chemin très difficile.
Le 31°, il a plu une partie du jour. J’ay fait trois lieues dans le ouest quart surouest, dans un pays de rivières beau à marcher. J’ay campé au bord d’un marais. Mes gens ont esté à la chasse sans avoir rien tué ni veu aucune apparence de chasse. Je suis court de vivres, n’en ayant pas trouvé aux Ouachitas. J’ay trois de mes gens qui marchent, mais qui ont les fièvres depuis deux jours.
Le 1° avril, il a plu à verse toute la nuit, et ce matin jusqu'à dix heures que nous sommes partis pour gagner quelques cabanes sauvages. Nostre guide nous fit faire un très grand détour pour passer ce marais, qui avoit demi-lieue de large. Nous passasmes huit petites rivières de huit, dix et douze pas de large, et fort profondes ; nous avons abattu des arbres pour nous servir de ponts, après quoy nous avons trouvé plusieurs marais et fondrières où nous avions de l’eau jusqu'au ventre et aux aisselles. Nous avons marché jusqu’à la nuit dans ce mauvais pays, n’ayant pas trouvé, pendant tout ce temps, un arpent de terrain propre à camper. Nous ne voyons aucune apparence de chasse, et nous sommes réduits à deux petites sagamités claires par jour. J'ay fait aujour-
d'huy, au nord-ouest qurt d'ouest, trois lieues.