‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 318 sur 504 · AVRIL 1700. PASSAGE D'UN MARAIS LE CORPS DANS L'EAU · texte numérisé non relu

AVRIL 1700. PASSAGE D'UN MARAIS LE CORPS DANS L'EAU

Le 2e, il a plu toute la nuit et jusqu’à deux heures du matin; nous n’avons pu faire qu’une lieue et demie aujourd’huy, à cause des mauvais chemins dans des marais, dans l’eau jusqu’au ventre le moins. Nous avons trouvé six petites rivières, qu’il nous a fallu passer sur des arbres estroits et à deux pieds sous l’eau. Le pays estoit si serré de cannes que nous ne pouvions les forcer, ce qui nous a beaucoup fatigués, ayant passé ces deux nuiis dernières à la pluye, faute de trouver de gros arbres pour lever les escorces pour cabaner, ce que nous avons trouvé aujourd'huy, sur un costeau fort élevé, où il paroist honne chasse, où mes gens ont esté aussitost et ont tué un bœuf et une vache, et le veau qui s’estoit couché auprès de sa mère, qu’ils ont tué à coups de hache, l'ayant pris.

Le 5°, il a plu toute la nuit à verse et tonné; j'ay séjourné pour faire des viandes sèches.

Le 4°, dimanche des Rameaux, je suis parti de bon matin;

nous avons tombé, à une lieue et demie de là, dans le chemin

du village, que nous avons laissé pour éviter un grand marais, et nous avons suivi une rivière sèche. J'ay fait au surouest six lieues et campé dans cette rivière.

Le 5°, à demi-lieuc de nostre cabnage, nous avons trouvé un marais d’un tiers de lieue de large, où il n’y avoit point de fond à six pieds, et qui estoit plein de bois en partie, dont nous avons fait des cajeux pour porter nos hardes. Nous avons csté tout le jour à le passer; l’eau estoit très froide; plusieurs de mes gens y ont esté sais de froid dans l'eau ct contraints de monter aux arbres pour se délasser; quatre y passèrent presque tout le jour, jusqu’à ce qu'on les fust chercher en cajeu. Jamais mes gens ny moy n'avions esté si fati-

gués de nostre vie. Je vis, en passant ce marais, des coques

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