‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 324 sur 504 · AVRIL 1700. ÉTABLISSEMENT ESPAGNOL · texte numérisé non relu

AVRIL 1700. ÉTABLISSEMENT ESPAGNOL

Nouadiche qui me parle dit avoir demeuré avec eux près d’un an et avoir esté piusicurs fois à cheval avec des Espagnols qu’il me dit estre noirs, qui sont apparemment des nègres, à un autre cstablissement, qu’il marque dans l’ouest nord-ouest de celuy-là, à cinq journées de marche, où il n'y avoit, dans cet establissement, que des nègres avec leurs familles. Il les marque assez nombreux et nous faisant entendre que les nègres de cet establissement n'y recevoient aucun autre Espagnol blanc; que quand ils y venoient, ils les en chassoient sans leur parler, qu’il ne les avoit pourtant pas veus se battre ensemble. Il nomme cet establissement Connessi, c'est-à-dire les Noirs, et le premier. l'establissement espagnol, il le nomme, en leur langage, Yayecha. Il marque de Connessi aux Chomans trois jours par terre au nord-ouest quart d'ouest, et que des Chomans aux Conoatinos, à trois autres nations, il y a une et deux journées d’eux aux environs; ces quatre nations font la guerre aux Espagnols et à tous les Sauvages qui sont au sud et au sud-est et à l’est d'eux. Au rapport de tous les Sauvages de ce village, la rivière de Marne passe au village des Cadodaquios, et se sépare en deux branches à une journée au-dessus d’eux : l’une court au nord-est, et l’autre au ouest-nord-ouest. Le long de cette branche il ya deux nations : l’une se nomme Chaquantie, qui est à quatre jours des Cadodaquios, et l’autre nation Canchy. Ces Sauvages sont en paix avec les Conoatinos, qui sont nombreux. Cette branche se termine à une grosse montagne, qu'ils disent estre percée, d'où sort cette rivière, qui vient d’un très grandissime lac, où ils disent qu’ils ne vont point en canot à cause que la lame y est trop forte. Passé un jour de marche dans le nord

et dans le nord-ouest des Cadodaquios, il n’y a plus de bois;

eux près des Espaiment des ns l’ouest ,où il n'y vec leurs us faisant recevoient ent, ils les uitant pas ent Con- )lissement [l marque ord-ouest )S, à trois environs ; à tous les d'eux. Au de Marne eux brannord-est, nche il ya à quatre Sauvages :ux, Cette sent estre indissime se que la s le nord

de bois;

AVRIL 1700, BIENVILLE RÉGAGNE LE MISSISSIPL 443

ce ne sont que prairies, où il y a quantité de bœufs et pays

pleins de costeaux et montagnes, sur la pluspart desquelles

il n'y a que de petits bois et où il y a peu d'eau l'esté, Dans

la branche qui court au nord-est, il n’y a qu'une petite nation

sauvage dont ils ne font pas grand cas; il y a quantité de

bœufs. Les Sauvages me disent que les Espagnols vont sou-

vent à cheval aux Cadodaquios, au nombre de trente et

quarante, mais qu’ils n'y couchent jamais et s’en retournent.

Leur demandant s'ils n’ont point veu d’autres gens blancs

comme eux, je me suis assez informé pour sçavoir si ces Espa-

gnols ne fouilloient point en terre pour chercher de l'argent

comme celuy que je leur montray; ils m'ont dit que non,

qu'ils ne faisoient que du blé d'Inde, qu'ils en avoient bien

comme celuy-là, leur en ayant veu jouer sur des cartes, marquant qu’il y en avoit qui frappoient du pied quand ils perdoient et déchiroient les cartes.

Le 23°, je suis party pour descendre la rivière avec quatre

pirogues. Sur les onze heures, je suis arrivéaux Nacassas, où

j'ayresté une heure pour chercher des vivres; je m'en suis venu

coucher à une cabane qui est à main droite, que j'estime à

dix lieues de mon départ; la rivière a beaucoup serpenté.

J'ai veu en plusieurs endroits quantité de meuriers, surtout aux Yatachés.

Le restant du journal ne se peut déchiffrer, ayant esté

mouillé. Je remarque seulement qu'ayant suivy la rivière,

qu'il a trouvée assez belle hors de certains endroits qu'il n’a

as veus, que les Sauvages luy ont fait couper au travers des Oo

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