‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 323 sur 504 · AVRIL 1700. BIENVILLE NE PEUT ALLER PLUS LOIN · texte numérisé non relu

AVRIL 1700. BIENVILLE NE PEUT ALLER PLUS LOIN

et autres bagatelles, pour faire promptement piler du blé d'Inde, et j'ay esté avec deux hommes, dans une pirogue, pour en chercher d’autres tout le long de la rivière. Je n'en ay pû trouver que trois, que j'ay achetées deux haches la pièce. Les eaux ont baissé aujourd'huy de deux pieds. J'ay esté dans quarante cabanes différentes le long de cette rivière.

Le 22°, je me suis embarqué pour les Cadodaquios, qui sont dans le nord-ouest d’icy, quoyque ces Sauvages me disent qu'il faut dix nuits pour y aller en pirogue le long de la rivière, ce que je ne peux croire, n’estant qu'à deux journées par terre distant de ce village, mais où je ne peux aller À cause des grandes eaux; mais, estant une fois parti, les guides, me voyant déterminé à y aller, me diront, comme ils ont déjà fait en plusieurs endroits, la vérité sur la distance du chemin. Sur le midy, ayant bien fait raisonner mes guides, ils m'ont asseuré que je seray au moins dix nuits à m'y rendre. Le courarit très fort, j'ay pris le party de relascher pour m'en retourner aux vaisseaux, n'ayant plus que vingt jours du temps qui m'estoit marqué pour m'y rendre, et ayant plusieurs de mes gens incommodés des flux de ventre et de sang, que les eaux froides et la mauvaise nourriture leur avoient causés. J’ay raisonné avec plusieurs Cadodaquios qui sont à ce village et un Nouadiche et un Nadaco sur les environs de ce pays. Ils me disent tous avoir esté à un establissement espagnol qui est à cinq journées et demie par terre à l’ouest de ce village, où ils vont et viennent à cheval. Ils disent que les Espagnols ont, à ces establissemens, quatre pièces de canon. Ils y sont plusieurs hommes, femmes et enfans blancs, mulastres et noirs, et ils y cultivent la terre.

Cet establissement est près du village des Nouadiches. Le

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