‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 330 sur 504 · AUIN 1699. LES ESPAGNOLS RESTENT A PENSACOLA · texte numérisé non relu

AUIN 1699. LES ESPAGNOLS RESTENT A PENSACOLA

avancé que tout y venoit à merveille. [l est vray aussy que, quand il parut, je luy offris à manger d’une salade de laitue,

bien qu'il n'y eust que dix-huit jours qu’on l’eust semée; mais la sécheresse a esté si grande que tous les marais ont séché,

Le mois de juin est le plus chaud; c'est celuy-là où nous avons esté en grande disctte d’eau, et, sans le secours d'un petit ruisseau, que je trouvay estant à la chasse, à une lieue et demie du fort, nous eussions esté mal dans nos affaires, n’en trouvant pas une goutte dans les autres endroits.

Il y a une si grande quantité de crocodiles qu’on en voit à tous momens, mais nous n'avons pas lieu de nous en plaindre jusqu'à présent. Nous en avons tué plusieurs au pied du fort ; ils n’y reviennent point si fréquemment. Les serpents sont beaucoup plus dangereux. J’ay veu le premier sur un de mes chiens, qui,estant mordu par un serpent à sonnettes,ne vescut point un quart d'heure. Il enfla si fort sur le champ qu'il ne put branler de l'endroit; heureusement personne n'a eu ce mesme sort.

J'ay envoyé reconnoistre la baye de la Mobile ie 9 juin, et le fort de Pensacola, voir si les Espagnols ne l’auroient point abandonné, faute de vivres, comme leurs déserteurs nous l’avoient asseuré, cequ'ils n’ont point fait, par le rapport de M. de Bienville, qui y a esté. Mes inst-"rtions le portant, je n'eusse fait nulle difficulté d'y envoyer dix hommes jusqu’à l’arrivée des vaisseaux, ou, pour mieux faire, nous nous y fussions transportés.

Je ne scaurois occuper nos gens que deux heures le matin et deux le soir. à cause du grand chaud, pour desfricher et brusler autour du fort. La pluspart de nos gens ont esté atteints

de la dyssenterie, que les mauvaises eaux leur ont sans doute

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