MAL 1000. BIENVILLE REVENU DES COLAPISSAS LL
je connoisse et qui va le plus à ses fins. Il m'a dit que la couverture que M. d'Iberville luy avoit donnée avoit eu le mesme sort que sa maison, qui avoit esté bruslée. Bien que je n’en crusse rien, je luy ay donné un habit rouge ou capot; mais je luy ay fait entendre que je ne le luy donnois que pour qu’il eust plus de soin du jeune homme que je luy confiois. Je donnay à chacun des autres de petits présens de rassade, couteaux, quelques haches, et les engageay par là à conduire M. de Bienville aux Quinipissas, auxquels j'envoyay un présent aussi d'un capot, d'un calumet, rassade et autres affaires propres à gagner pareilles gens. Le chef des Bayogoulas balança longtemps s’il iroit ou non, me disant qu’il ne respondroit point, si les autres ne tueroient point nos gens. Je luy di: que nous ne craignions personne, que, s'ils faisoient quelque mauvaise démarche, j'irois les tuer tous. Voyant qu'il ne pouvoit plus se dispenser d’y aller, il s'y détermina, [ ne disoit tout cela qu'en veue d’avoir tout pour luy et pour ne nous donner pas connoissance d'aucune autre nation.
Le 29°, M. de Bienville est revenu des Colapissas ; c’est ainsy qu'ils se nomment. ls n'ont jamais ouy parler de M. de La Salle ny de M. de Tonty. I y a esté bien receu. Ils ne sont qu'à quatre journées de nous ; ils m'ont envoyé deux calumets de paix; malgré cela, ils n’ont jamais approché d'icy. [! faut quele chef des Bayogoulas les ait intimidés, leur faisant accroire que c'estoient eux que nous cherchions, M. d'Iberville et moy, lorsque nous les avons tant questionnés sur la fourche de la rivière et sur les Quinipissas. Ils ne sont pas plus de cent cinquante hommes, mais très bien faits.
Le bled d'Inde que nous avions semé et autres herbages ont esté bruslés par l'ardeur du soleil. M. d'Iberville peut avoir IV. 29