TONTY AVEC D'IBERVILLE
m'a fait rappeler qu'il me laissoit le maistre, mais qu'ilneluy paroissoit pas agir prudemment, en abandonnant le terrain que nous occupons près de la rade, où sont nos vaisseaux, qui est l'unique mouillage de ces quartiers; que, si je ne remuois rien, il estoit à propos de faire équarrir des pieux pour faire nos deux bastions, ce que je fais faire incessamment pour qu’ils soyent en estat à son retour. Je r’ay pourtant pas beaucoup de monde, car de dix-huit hommes, tant Canadiens que flibustiers, qu'il a laissés malades, ayant emmené les autres, il n’y en a que sept qui soyent remis, Mais M. de Ricouard, qui commande son vaisseau en son absence, m'a envoyé six charpentiers, que j'ai joints à nos soldats et autres. Cet officier est d’une vigilance et d'un zèle tels pour le service, qu'il trouve le secret d’armer trois chaloupes pour le desbarquement des effets destinés pour la colonie. Il nous fournit, outre cela, le plus de matelots qu'il peut pour nous aider à haster les pieux pour nos bastions. M. d'Iberville me mande encore son heureuse entrée dans la rivière, qu'il l’a montée dix-huit lieues, et a choisy un terrain, quoyque fort bas, qui ne noye point, par le rapport d’un Sauvage qu'il avoit, après avoir donné ses ordres ct fait équarrir des picux pour une maison, où il doit mettre six canons. Il s’est rendu aux Bayogoulas, d'où sa lettre est datée. M. de Tonty, qui l’a joint à l'endroit de l’establissement qu'il a fait, est de son voyage. Il a descendu des Illinois, où je luy avois escrit par les Missionnaires, et marqué à peu près le temps que nos vaisseaux pourroicnt arriver. M. Lesueur reste aux Bayogoulas avec ses quinze hommes jusqu’au retour de M. d’Iberville. Je souhaite que son bonheur l'accompagne en cette occasion pour le bien du Roy, et qu'il trouve de quoy se dé-
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