‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 342 sur 504 · SUR CE QU'IL DOIT FAIRE EN SON ABSENCE · texte numérisé non relu

SUR CE QU'IL DOIT FAIRE EN SON ABSENCE

Mémoire de ce qu'il est du bien du service du Roy que M. de Saurole fasse après mon départ de ce pars.

Biloxi, le 26 mai 1700.

Faire rechercher autant qu'il sera possible, dans tous les lieux où les hommes de la garnison iront, soit en chasse, soit ailleurs, des plantes ou racines et bois ou feuilles qui sont propres aux teintures, et dont les Sauvages se servent pour leurs remèdes dans leurs maladies, leur recommander d’en apporter soit graines ou feuilles, racines ou escorce, pour en faire faire des espreuves.

Tascher d’avoir, s’il est possible, des petits veaux sauvages de ce pays pour les élever dans des parcs et les domestiquer.

S'informer des lizux où se prennent les perles, en faire pescher, s’il est possible, dans toutes les saisons de l’année, comme dans les décours, les pleines lunes, observant de

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mettre celles que l'on peschera dans les décours, dans des papiers séparés de celles qui seront prises en pleine lune et escrire dessus le temps qu'elles auront esté peschées, et le lieu et la saison, avec des remarques de ce qu'il y auroit à faire pour cette pesche.

Faire équarrir une pièce de bois de huit ou dix pieds de chaque sorte, les faire mettre à l’eau salée jusqu'au retour des vaisseaux pour voir celles que les vers piqueront le moins. En faire prendre aussi une de chaque sorte, la faire brusler jusqu'à ce que le dessus vienne en charbon, et faire mettre à l'eau, comme les autres, en lieu où on les puisse trouver facilement.

Ne croyant pas que les Espagnols veuillent entreprendre contre les establissemens, vous aurez pour eux tous les #sgards que l'on doit avoir pour des personnes avec lesquelles on veut vivre en L'unne intelligence. Je crcis que vous pourrés sans crainte destacher le sieur Levassenr avec trois à quatre hommes, pour aller dans le dedans du pays et jusqu'aux Chaqueta, et voir ce que c'est que cette nation, dontles autres Sauvages parlent tant. Il observera si la branche de la gauche, en montant de la Mobile, passe loin de leurs villages, et si cette branche seroit navigable pour des barques. Tascher de descouvrir par le moyen des Sauvages s'ils ne connoissent point des mines, se les faire montrer ct en faire apporter de lamatière, s'informer si la branche, dont j'ay parlé, de la Mobile, n'est pas celle qui passe aux Chicacha, et si elle est navigable jusque-là, et les distances d’un lieu à l’autre, si c'est un pays de meuriers et quelle sorte de bois il y a.

Il sera bon de renvoyer le sieur de Saint-Denis pour ache« ver de descouvrir le haut de la rivière de Marne, jusqu'au

grand Lac, dont les Sauvages luy ont parlé, et les deux nations qui sont sur la branche de l’ouest-nord-ouest de cette rivière.

Il luy faudra donner pour cela Levasseur, maistre du traversier, pour bien observer les hauteurs et faire des cartes du pays et luy laisser choisir. Vous luy donnerés avec ces hommes l’Espaignol pour voir s’il ne descouvrira pas quelque mine, dont je ne doute pas qu'il n'y en av:, estant des pays de montagnes, pelés et sans cau, à une journée au nord des Cadodaquio. Il ira dans ces cantons le plus à l’ouest qu'il pourra pour avoir connoissance du Nouveau-Mexique, s'il est possible, et de l’esloignement des mines des Espagnols, se méfiant d’eux pour ne pas tomber entre leurs mains. Il verra s’il pourra aller chés les Quiouahan, qui sont en guerre contre les Espagnols ct qui sont nombreux. Trouvant des mines, il faudra qu'il en fasse apporter le plus de matière qu’il pourra, la prenant en différens endroits pour l’apporter en France, pour en faire des essays. 11 prendra possession des mines au nom du Roy et en dressera des actes aussi authentiques qu’il pourra, achetera des Sauvages des lieux de la mine, les payant pour cela. Il observera le terrain des environs, la commodité du transport de la mine aux rivières, si les charrettes y pourroient aller, ou si letransport s’en feroit par chevaux; si les pays des environs seroient propres à cultiver, si les bois des environs de la plus prochaine rivière seront bons à construire des baraques, ou chaloupes,'ou bateaux plats, si les rivières les plus proches des mines se pourront naviguer jusqu'au Mississipy, les difficultés qu’il y auroit de descendre en s’en revenant, afin de le bien visiter, tout l’espace du chemin qu’il faudroit les suivre. Pour cela, il partira du fort du Mis-

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