RIVALITÉ ANGLAISE. NÉCESSITÉ DE S’ATTIRER LES CHICACHAS
D'Iberville au Ministre de la Marine A La Rochelle, 2 juillet 1701.
Monseigneur,
Je chargeray, comme vous me l’ordonnez, les trois ou quatre tonneaux de provisions pour les missionnaires qui sont au Mississipi, s’il y a de la place après les choses destinées pour le fort. Je ne crois pas qu’il y ait de place.
Le sieur Remy Reno estoit embarqué avec moy sur la Badine pour lever les plans et cartes du pays où je passerois, ce qu'il ne fit point. C’est un homme de cinquante années, qui est marié, à Saint-Martin de Rhé, à une Irlandoise. Je ne jugeray pas de son habileté pour faire une fortification, ne le connoissant pas assez pour cela. Je n’ay pu me servir de luy pour celle de Biloxi, où, dans tous les plans qu'il me fit, il me tailloit de la besoigne plus que je n'en eusse pu faire faire à trois cents hommes pendant une année. Je le croirois plus habile entrepreneur qu’ingénieur. Il conduiroit fort bien un travail que l’on auroit déterminé de faire.
J'ay lu la copie de la lettre envoyée à Montesuma. Je ne sçais ce que c’est que cette forteresse de Udorsi. Je crois que c'est quelque fort qu'ils! peuvent avoir fait autrefois ct