‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 346 sur 504 · INQUIÉTUDE DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

INQUIÉTUDE DES ESPAGNOLS

à l'entrée de la rivière de Bilocchy, du temps de Fernan Soto, dont il ne paroist plus aucun vestige.

L'endroit où ils se rendirent le vingt-neuviesme aux Cabanes, où les vaisseaux firent de l’eau, c'est à l'ile du Mouillage, où ils auront esté veus par quatre ou cinq hommes, que l’on y tient à chasser et pescher et à la descouverte avec une petite felouque.

Je crois que le bateau qu'ils disoient venir chercher le long des isles estoit un prétexte pour venir voir ce qui se passoit au fort. Le petit bastiment dontils parlent, qui estoit devant le fort et venoit de Saint-Domingue, est le traversier,qui venoit du fort de Mississipi, où je l’avois envoyé à mon départ pour y rester jusques à la mi-décembre, qu'il se devoit rendre au fort de Biloxi, où je comptois que l'on en avoit besoin pour y descharger les navires qui y pourroient arriver dans ce temps-là. Il devoit rester au fort tout ce temps-là pour l'empescher d’estre gasté par les vers.

Pour les cent hommes que l’on leur dit estre venus du Canada, il en peut estre descendu trente à quarante au plus, compris des Illinois. Je doute que le nombre en soit si grand. Il ne devoit se rendre là, au mois de décembre, que Vildieu et quelque autre et Lachesnaye-Duquet, qui avoit connoissance des nations du ouest du Mississipi. C’estoit le temps aussy que le sieur de Saint-Denys devoit revenir du haut de la rivière de Marne. Ils auront grossi le nombre d'hommes aux Espagnols, pour leur faire voir qu’ils estoient beaucoup de monde et tiroient du secours du Canada,

Je ne sçais que nenser des deux navires anglois qu'ils disent avoir esté au mois d’aoust à la baye Charles, à moins que ce ne soyent les navires du retour desquels on a eu des nouvelles, en

472 ANGLAIS SUR LE MISSISSIPI

Angleterre, au mois de novembre, qui venoient de faire un establissement au Mississipi, à ce que l’on disoit. Je

ne connois de baye de Charles que celle qui est au dedans du cap de la Floride, où j'avois ouy dire que les Anglois se devoient establir. Les Espagnols d’Apalache devroient mieux sçavoir que nous cet endroit où nous n’allons pas, cela estant éloigné du fort de Biloxi de quatre-vingts à quatre-vingt-dix lieues.

Je ne sçais que juger des trente Anglois, dont ils parlent, partis de Saint-Georges, que je ne connois point; à moins que ce ne soit un establissement anglois fait au delà des montagnes d'Apalache, où commence la source de la rivière Ouabache, sur laquelle ils seroient descendus au fort du Mississipi, ce que je ne crois pas qu’ils ayent fait, sans que l'on les ayt arrestés, et que de Saint-Georges ils descendent à la Mobile par une autre branche, cela se peut, car la branche qui court au nord-est va prendre sa source aux montagnes d'Apalache. Cela est marqué comme cela sur la carte que j'ay faite de ce pays-là sur le rapport des Sauvages. Si les Anglois trouvoient cette route facile pour se rendre à la Mobile, ils pourroient par là faciliter les entreprises qu'ils pourroient faire sur Pensacola, si nous avions la guerre, pour se saisir du fort qui est le seul de toute cette coste par le moyen duquel ils pourroient traverser le commerce de la Vera-Cruz, ets'attirer toutes les nations de ce continent et s'y maintenir, d'où il nous seroit difficile de les chasser.

Par la lettre que je vois de Juan Siscara', du 24 janvier, de la baye de Saint-Joseph, que je ne connois point, dont il pré-

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