PROJET D'ÉTABLISSEMENT SUR L'OUABACHE
mandement au sieur Duguay, enseigne de vaisseau, qui est armé avec moy, qui connoist cette navigation-là. Il en esttrès capable. Nous n'avons aucun pilote icy à mettre sur ce bastiment, qui ait esté au Mississipi. Il ne nous en a resté que deux, dont j'en ay un et mon frère l’autre.
J'ai veu, Monseigneur, la permission que vous avez donnée à M. de Juchcreau d’aller au Mississipi y establir des tanneries. Je l’ay engagé, avec le nombre d'hommes qu'il a et quelques autres de ceux qui sont au Mississipy ! qui s'y pourront joindre, de s’establir à Ouabache, qui est un lieu qu’il faut occuper pour empescher le commerce que les cou+ reurs de bois pourroient faire par là chez les Anglois. Il est convenu avec moy de le faire, pourvu que vous luy vouliez, Monseigneur, accorder la concession de deux lieues des deux bords de l’entrée de cette rivière, et six lieues de profondeur:.
M. de Tonty demandoit cette concession, avec une compagnie de soldats pour garder ce passage, ce qui cousteroit beaucoup de despense au Roy. J'estime qu’il vaudroit mieux donner à M. de Juchereau un destachement de huit ou dix hommes? pour l’engager de le faire. Si vous luy accordez cette concession, je luy ay promis de l'en faire advertir aux Illinois. Je demande, Monseigneur, vos ordres au sujet du castor, que les Sauvages d’en haut du Mississipi et les Canadiens qui y sont pourront apporter à la mert, si on leur permet pour cette fois seulement, sinon ils l’apporteront par Oua-