POLITIQUE A L'ÉGARD DES SAUVAGES
bache aux Anglois. J’ay eu l'honneur de vous détailler plusieurs raisons sur cela, sur lesquelles il sera nécessaire de me donner vos ordres. Quand vous accorderiez la concession de Ouabache au sieur Juchereau, il ne s’y peut rendre que l’année prochaine, au mois d’aoust, où il auroit de la peine à empescher ce commerce, s’il estoit une fois commencé.
Pour chasser les Anglois de ce pays-là, il n’y a pas d’autre
moyen à prendre que celuy d’armer nos alliés contre les leurs, qui sont les Chicachas, les plus dangereux, que je vou-
drois tente rd'attirer dans nostre party par des présens, en nous livrant les Anglois qui sont chez eux. Cela vaudra mieux que de leur déclarer une guerre qui ne nous peut estre avantageuse. Nous travaillons actuellement à embarquer les vivres de nos équipages, en attendant vos ordres sur la quantité de sel que nous devons embarquer pour cette colonie. Plusieurs familles et femmes qui ont leurs marys à Mississipi demandent à y passer et me pressent de leur respondre, ce que je ne peux faire que je ne sçache vostre sentiment sur cela. Si vous souhaitez faire quelque chose de ce pays, il est absolu-
ment nécessaire d'y faire passer cette année des familles et quelques filles, qui se trouvent parentes de celles qui y veulent passer, que l’on mariera peu de jours après leur arrivée en ce pays-là.
Je suis avec un très profond respect, ° Monseigneur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
D'IBERVILLE
Permettez-moy, Monseigneur, de vous représenter que cinquante hommes d'équipage au Palmier est trop peu. Le