‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 376 sur 504 · FÉVRIER 1702. LE P, GRAVIER REMONTE AUX ILLINOIS · texte numérisé non relu

FÉVRIER 1702. LE P, GRAVIER REMONTE AUX ILLINOIS

On est à l'abry. Les navires mouillés dans ce hâvre y sont à couvert des vents et de la mer. L'entrée est assez difficile et facile à défendre. Je ne voudrois toutefois pas asseurer qu’un gros vent de sud ne fist changer cette barre, quoyqu'elle soit d'un sable meslé de vase assez ferme.

Je trouvay dans ce port M. de Marigny; son traversier estant amarré à terre à descharger, un gros vent de sud l’avoit jeté à la coste; ses ancres de large ayant chassé, ce traversier estoit a/de ! de plus de quatre pieds.

Le 19°, j'ay fait travailler, sans le pouvoir mettre à flot, quoyque j’aye fait creuser le sable de dessous et fait mettre des futailles vuides.

Le 20°, je continuay d’y faire travailler, mais, ne pouvant le faire terminer, et le temps pressant d'envoyer des vivres et autres choses nécessaires au fort du Mississipi, j'ay fait faire marché par M. de La Salle avec François Pillet, maistre de la caiche, pour aller au Mississipi, pour le prix et somme de 500 livres pour le voyage.

Le 22°, j'ay fait partir ce bastiment. Le Père Gravier, supérieur des missionnaires jésuites des Illinois, s’est embarqué dessus pour s'en retourner, comme aussi des voyageurs, qui estoient venus me parler sur les castors qu’ils ont au Mississipi, ce que je leur ay volontiers permis. Ils doivent l'exécuter l’année prochaine, mais le manque des vivres, qu'on ne peut leur donner cette année, les a obligés de s'en retourner dans le Mississipi commercer de menues pelleteries, peaux de bœufs et de chevreuils, et aussi pour y quérir du castor, que plusieurs d'eux y ont caché, n'osant l’apporter. Ne sçachant s'il leur seroit permis de l'envoyer en France, ils l’avoient

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