O FÉVRIER 1702, ANGLAIS DE LA CAROLINE, GARDE-MAGASIN
laissé pour le porter aux Anglois de la Caroline, si on ne vouloit plus les recevoir. Ces Anglois leur ont fait de grandes promesses pour les attirer à eux et leur ouvrir le commerce du Mississipi par Ouabache. Ce mesme jour, MM. de Bécancourt et Chasteaugué sont arrivés de la Mobile avec les deux pinasses et les deux felouques qui transportent les effets au fort de la Mobile.
Le 23°, la mer ayant monté plus que de coustume, ce qui marque du vent du sud, j'ay fait mettre à flot, le soir, le traversier de M. de Marigny.
Le 24°, j'ay fait partir ce traversier par le fort de Biloxy, où il y a quantité de choses à transporter icy.
Je suis parti aussi avec les deux pinasses et chaloupes pour la Mobile, de vent de sud, qui nous a calmé à trois lieues de là ; ensuite est venu au nord une grosse pluye,qui nous a fait relascher aux vaisseaux, où est arrivé le sieur de Sérigny venant de la Mobile.
Le 25°, sur la connoissance que j'ay eue de ce qui se passoit dans le magasin sur la consommation des vivres et autres effets, j'ay prié M. de La Salle de ne s’en plus mesler, seulement d’en ordonner les consommations suivant les ordres du commandant, et,pour mettre les choses dans les règles et qu'il n’arrivast pas ce qui est arrivé du temps de M. de Sauvolle, où l’escrivain que j'y avois laissé prétendoit ordonner de tout, disant qu'il en estoit chargé et qu’il en rendroit compte, enfin qu'il ne prétendoit pas que le Commandant eust d'inspection sur les matelots et sur les ouvriers, qu’il prétendoit commander sur ce qu'il jugeroit à propos sans sa permission. C’estoient des propositions qu'il faisoit par escrit, moyennant quoy ils estoient bons amis. Cet escrivain repasse en France. J'ay
JAGASIN
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