MARS 1702. DISCOURS QUE D’IBERVILLE LEUR ADRESSE
remarquer que, depuis huit à dix années qu’ils estoient en guerre l’un contre l'autre, à la sollicitation des Anglois, qui leur donnèrent des munitions et trente fusils à cet effet, ils avoient fait plus de cinq cents prisonniers et tué plus de dixhuit cents Chactas, que les premiers avoient esté vendus, et que cela leur avoit cousté plus de huit cents hommes tués dans différens partis, lesquels vivroient encore à présent sans les Anglois; que les Chactas voyoient bien cela, que les Chicachas devoient le voir aussi, que l'Anglois avoit causé la perte deleurs frères morts etquele but finalde l’Anglois, après les avoir fait afloiblir par les guerres, estoit de les venir enlever dans leurs villages, ensuite les envoyer vendre ailleurs dans des pays esloignés, d'où ils ne pourroient jamais revenir, ce qu’ils avoient fait à d'autres, qu’ils connoissoient ; que, pour prévenir tous ces malheurs, ils ne devoient plus escouter l’Anglois, et que, s'ils ne le chassoient pas de chez eux, nous ne pourrions pas estre amis ensemble ; que je n’aurois aucun commerce avec eux; que j’armerois de fusils tous les Chactas, les Mobiliens et Tohomés, comme J'avois déjà commencé de faire les Natchez et les autres nations nos alliées; que, bien loin d'empescher les Illinois de leur faire la guerre, Je les y solliciterois : qu'ils voyoient bien qu'ils ne seroient pas en estat de se soustenir contre tant de nations, ct qu’ils auroient le chagrin de se voir tués, aux portes de leurs villages, avec leurs femmes et leurs enfans; que chassant l’Anglois de chez eux, quin’aime quele sang et les esclaves, je ferois faire un village entre les Chicachas et les Chactas, comme ils le souhaitoient, où ils trouveroient toutes sortes de marchandises en eschange de peaux de bœufs, de chevreuil et d'ours; que c’estoient là les esclaves que je demandois, qu'ils se