TONTY VIENT AVEC DES CHACTAS ET DES CHICACHAS
quatre familles que j'ay amenées sont logées et travaillent à défricher. Je renvoyay une partie de mon équipage dans les pinasses à bord du Palmier.
Le 24°, cinq hommes de M. de Tonty sont arrivés. Ils l'ont laissé aux Tohomés; il doit venir demain.
Le dimanche 25°, à onze heures du matin, M. de Tonty est arrivé avec trois chefs et quatre hommes considérables des Chicachas et quatre chefs de Chactas; je leur ay fait le plus d'accueil que j'ay pü, et les ay remis au lendemain à leur parler.
Le 26°, à huit heures du matin, j’ay fait disposer les présens que je voulois faire à ces deux nations : 200 livres de poudre, 208 livres de balles, 200 livres de plomb à giboyer, 12 fusils, 100 haches, 150 couteaux, quelques chaudières, rassade, pierres à fusil, alesnes, autre clinquaillerie, ce qui faisoit un présent considérable. Après quoy je les fis assembler. Mon frère de Bienville servant d’interprète, je leur tesmoignay ma joye de ce que je les voyois disposez à vivre en paix ensemble et avec toutes les nations du pays, après leur avoir fait connoistre l’intérest qu'ils avoient à cela, et à ne pas se destruire les uns les autres, comme ils faisoient; que les Chicachas avoient suivy mal à propos le conseil des Anglois, qui n'avoient d'autre but que de les faire destruire, en les sollicitant à se faire la guerre pour avoir des esclaves, qu'ils envoyoient vendre en d’autres pays; qu'une marque que les Anglois n’estoient pas leurs amis, et qu’ils ne cherchoient qu’à les destruire et qu’il sçavoit bien que, leurs ennemis ayant fait des Chicachas prisonniers, les Anglois de Saint-Georges les avoient achetés, comme ils faisoient les Chactas, et les avoient envoyé vendre aux Isles, loin de les renvoyer chez eux, comme ils devoient; qu'ils pouvoient