LES CHAOUANONS VEULENT VENIR SUR LE MISSISSIPI
ment, qui est à douze ou quinze lieues de leur village. J'ay aussi donné ordre à trois de ces Canadiens de s’en aller de là, avec deux Chicachas, aux Illinois, pour y demander les Chicachas qui y sont prisonniers et de les advertir de ne leur plus faire la guerre; qu'ils sont nos alliés, comme aussi de leur dire que j’arreste leur hache, que le gouverneur de Canada leur a fait dire, par M. de Courtemanche, de lever contre les Chaouanons, que j'ay dessein d'attirer sur le Mississipi ou la Mobile. Ils m'ont fait des avances sur cela par Bellefeuille ; c’est la seule nation à craindre, et qui couvre la Caroline et la Virginie du costé du Mississipi. Je parleray plus au long de cela par mon mémoire particulier.
J'escrivis par cette occasion au grand vicaire de Québec, qui est aux Tamaroas, qu'il envoye des missionnaires aux Chicachas et Chactas le plustost qu’il pourra, qui aydera à les maintenir. J'en escris autant au supérieur des Jésuites qui yest, en cas qu'il y en aye. J’ay en mesme temps escrit pareillement à M. Davyon, prestre missionnaire aux Tonicas, d’advertir ses Sauvages de la paix qui est entre toutes les nations, et d'advertir les Chaquechoumas, qui s’estoient retirez dans leur pays, de revenir à leur village, qui est à trois à quatre lieues de l'endroit où on fera l’establissement dans le haut de la Mobile.
J'ay escrit pareillement à M. Foucaut, prestre missionnaire aux Akansas, d'advertir les Sauvages de la paix que j'ay fait faire aux Chicachas; j'en ay escrit autant à M. de Saint-Cosme, prestre missionnaire aux Nadechès', atin qu’il ne fasse aucun party sur les Chactas. Les lettres seront portées par des Chicachas, qui sont à cinquante,