‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 386 sur 504 · MARS 1702. D'IBERVILLE A LA RIVIÈRE AUX CHIENS · texte numérisé non relu

MARS 1702. D'IBERVILLE A LA RIVIÈRE AUX CHIENS

soixante et cent lieues à la ronde les uns des autres. On y va par de grands chemins frayés où l'on peut aller à cheval.

Des cinq hommes que j'avois envoyés avec ces Sauvages, deux seulement reviendront au fort en canot, après avoir bien visité la rivière et le pays. J'ay aussi envoyé avec le chef des Chicachas le petit Saint-Michel, qui parle assez bien l'Oumas, qui est la mesme chose que le Chicachas, à quelque chose près, afin qu'il se fasse à cette langue-là.

Sur l'après midy, je suis party dans ma felouque pour m'en retourner à bord. A trois lieues du fort, je rencontray Chateaugué avec sa pinasse chargée de quatre-vingts barils de poudre, et suis venu coucher à huit lieues du fort.

Le 26e, il a venté gros vent du sur-ouest avec pluye; je sonday le chenail de la rivière, et trouvay partout cinq pieds et demi et six pieds d’eau. Je suis venu coucher à la rivière aux Chiens, où je trouvay le sieur de Grandville avec la chaloupe du Palmier occupé à descharger le traversier.

Le 29° au matin, je renvoyay ce traversier à bord, et nous nous y sommes rendus avec toutes les chaloupes et pinasses. La caiche, que j’avois envoyée au Mississipi, n’est pas encore de retour, non plus que le bastiment que j’avois à la Vera- Cruz, qui tarde à venir.

Les vents au sud-sor-ouest, je n’ay pas pu sortir avec le Palmier. Y'ay fait charger le traversier des effets qui estoient au magasin, pour les porter à la rivière aux Chiens; le maistre, qui estoit dessus, n’estant pas capable de le conduire et n'ayant autre personne à y mettre, j'ay cru qu'il estoit du bien du service du Roy d'y mettre un officier pour la seureté du transport de tous ces effets et du soin de faire agir le

monde dans les voyages où il faudra que le traversier aille,

AVRIL 1702, D'IBERVILLE VA A PENSACOLA J'ay pour cela choisy le sieur de Becancourt, enseigne de vaisseau sur la Rerommée, qui est très capable et habile dans son mestier, et qui s'est donné de grandes peines dans tous les travaux qu'il y a eu à faire.

Le 31°, le traversier est party pour la Mobile par le vent d'ouest; j'ai sorty le Palmier en touant. Je n'ay pas trouvé sur la barre moins de vingt et un à vingt-deux pieds d’eau.

Le 1° d'avril, sur le midy, je me suis rendu à Pensacola; on n y a pas de nouvelles du traversier que j'ay envoyé à la

Vera-Cruz, ni de la lance que le gouverneur a envoyée aux

Apalaches querir des vivres; cette garnison n'a subsisté que par moy depuis deux mois.

Le 10°, la lance espagnole est arrivée sans vivres, n'en ayant pas trouvé. Il n’y a aux Apalaches que huit familles, qui elèvent des bestiaux, un destachement de vingt-cinq soldats avec un lieutenant, de la garnison du chasteau Saint- Augustin.

Le 13°, le traversier est arrivé de la Vera-Cruz sur le soir, il en estoit party le...

La hourque, qui doit apporter à cette garnison ce qui luy est nécessaire, est encore à la Vera-Cruz et n’en partira qu'en may. Ils y estoient d’une grande tranquillité, ne s’embarrassant pas que cette garnison manquast. Ils se sont contentés d'envoyer dans ce traversier pour un mois de vivres; me voilà donc prest à partir. Je n’attends que l’arrivée de là caiche, qui est au Mississipi.

Le ro°, la caiche arrive du Mississipi, chargée des castors et menues pelleteries des voyageurs.

Les 20°, 21°, 22° et 23° se passèrent à charger les castors dans les vaisseaux et à régler pour le renvoyer à la Mobile.

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