MAT 1702. RETOUR DE D'IBERVILLE EN FRANCE
Par le recensement et les consommations, que je vois par le mémoire de M. de La Salle, des vivres de la garnison du fort de la Mobile, il paroist qu’il n'en reste, compris ceux que les Espagnols doivent rendre, que pour six mois. Ne voyant pas qu'il puisse venir de France de navires pour ce temps, et le gouverneur espagnol m’asseurant qu'on luy marque qu'il ne recevra que les six mois de vivres que l'on a coustume de luy apporter à chaque voyage, que, cela estant, il luy sera difficile de rendre les cent quintaux de farine que je luy ay fait prester des vivres de la garnison de la Mobile, je me détermine à donner ordre à M. Bienville d'envoyer ce traversier à la Vera-Cruz pour y acheter des vivres. Le gouverneur escrit au vice-roy par ce traversier et demande la farine et le lard qu'il doit.
Le 27°, le temps bon pour sortir. Nous avons appareillé pour sortir à cinq heures du matin et faire route pour la Havane, où nous nous sommes rendus le 7 May au soir ; nous y avons trouvé M. de Nesmond, M. de Chasteauregnault estant allé à la Vera-Cruz.
Le 17°, au matin, je suis sorty de la Havane après avoir pris quelque viande et légumes, dont j'avois besoin pour mon équipage, et ay fait la route de F rance, où je me suis rendu à la rade de Belle-Isle, d’un gros vent d’ouest et sor-ouest, où Jay mouillé, en attendant le beau temps pour aller à Rochefort.
D'IBERvILLE.
À bord de la Renommée, le 20 juin, au soir, à 6 heures,
rem
se