JANV. 1702. DÉBARQUEMENT A L'ILE MASSACRE
le traversier, commandé par M. de Marigny, que nous avions depesché à Saint-Domingue pour y porter des vivres, n’estoit pas encore arrivé, ce qui fit résoudre M. d'Iberville de m'envoyer dans un traversier, avec une partie des effets du Roy, pour aller à la rivière de la Mobile y disposer le débarquement, sous le commandement de M. de Sérigny, lieutenant de vaisseau, commandant le Palmier. Le gouverneur de Pensacola presta pour cette exécution sa chaloupe et trois espagnoles, que l'on équipa ensuite de matelots de la Renomniée, pour accompagner ce traversier.
Le 5 janvier 1702, nous arrivasmes à l’isle du Massacre, où nous avons trouvé un très bon port, mais, comme le vent n'estoit pas favorable pour y entrer, l’on fut obligé de faire débarquer tout ce qui estoit dedans avec des chaloupes. Au second voyage, le dit traversier estant entré dans le port, on le fit approcher assez près de terre pour débarquer son chargement à la rame. Il y a par toute cette rade bon fond ; à l'entrée il s’y trouve 20 à 21 pieds d’eau de marée basse. Il sera nécessaire d’y faire un fort avec 12 pièces de canon de 18 lignes de calibre, et une garnison de 30 à 40 hommes suffira pour sa garde avec un magazin pour y mettre les effets de Sa Majesté. C'est un des meilleurs ports de toute cette coste, où des vaisseaux de 40 à 50 pièces de canon seront en bonne seureté. Il y aura de l’eau et du bois pour la proiision des vaisseaux : si les grandes sécheresses de l'esté la faisoient tarir, l'on pourroit en aller faire à une lieue dans la baye de la Mobile avec des cha'capes.
Le 1 r janvier, M. de Sérigny, accompagné de M. de Bienville, lieutenant de Roy du fort de Biloxy, et du sieur Levasseur, commandant les Canadiens, partirent pour aller