MOYENS POUR PROTÉGER PENSACOLA ET LE MISSISSIPI
la rente du vifargent, la poursuite du cinquiesme sur l'ar-
gent, et le million de subside charitable que Sa Sainteté a
accordé, de tous lesquels effets les uns sont nouveaux, et des
nouvelles rentes adjoustées aux anciennes, lesquelles, jointes à plusieurs autres que Sa Majesté possède dans la Nouvelle-
Espagne, font une grosse somme, qui suflit ct au delà pour
satisfaire à toutes les charges du pays, payer toutes les gar-
nisons, autres soldes, pensions réglées de ce royaume et
entretenir un bon nombre de vaisseaux bien équipez pour former l'armée du vent, pourveu que les fonds cy dessus expliqués y soyent employés suivant qu'ils doivent l'estre
par leur institution, et qu'on ne les divertisse pas à d’autres
usages qui sont d'une moindre conséquence, ce qui a réduit
ce royaume dans l'extrémité où 1l se troure. Que si l'on en fait une distribution juste, et que l'on n'en aitère point la disposition et la nature, ils sufliront pour toutes les charges ordinaires de ce royaume.
Outre tous ces moyens, qui sont siprompts et sieffectifs, on peut exiger avec la mesme facilité de nouvelles contributions extraordinaires et les pousser si loin que l’on voudra, de manière que la Junte ne juge pas que l’on puisse craindre d’en manquer pour l'entretien de toutes les garnisons de la Nouvelle-Espagne et pour le secours qu'il convient donner aux nouvelles colonies françoises du fleuve Mississipi ; et que si, par surabondance, Sa Majesté veut bien ordonner que ces rentes royales ne s'appliquent point à d'autres despenses qu’à celles auxquelles elles sont destinées depuis leur commencement, ladite Junte ne connoist point que, pour le présent, il y ait aucune nécessité de songer à donner aucun secours de ce costé, y ayant abondance de toutes sortes de provisions