PRIE D'IBERVILLE DE RETARDER L'OCCUPATION DE LA MOBILE
Lettre de D. Franc. Martines à d'Iberville.
Monsieur,
M'ayant fait connoistre les ordres de Sa Majesté Très Chrestienne pour prendre possession de la Mobile, qui est à douze lieues de ce port à l’ouest et nous y fortifier, je ne vous feray aucun compliment. Je vous diray, suivant que je suis obligé, queles ordres que j'aydu Vice-Roy et capitaine général de cette Nouvelle- Espagne tendent à entretenir une bonne correspondance avec vous et ce que j'entends, à ce que je vous demande ou donne ce qui sera nécessaire dans les occasions pressantes qui se présenteront, que je favorise et soustienne les Indiens de la Mobile, de Tomé, et de la Grande Chate, qui se sont venus rendre et soumettre à l'obéissance du Roy mon maistre, que Dieu conserve, de qui j'attends l’ordre pour ce que je dois faire. C’est pourquoy je vous prie de suspendre le dessein que vous avez de passer et de prendre possession de la Mobile, jusqu’à ce que j'en rende compte au Vice Roy; et, comme je me trouve sans bastiment ny pilote, je me trouve obligé à vous prier de me prester un de ceux que vous avés avec vous icy; encore que ce soit le plus petit, qu’il soit appresté de tout ce qui luy est nécessaire
OBILE.
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