‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 455 sur 504 · Passé dans le texte · texte numérisé non relu

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La rivière des Akansas est une belle rivière, qui vient du Ouest et tombe dans le Mississipi. Cette nation des Akansas est destruite. Ils ne sont pas plus de..... familles à présent. On y peut faire venir pour l’habiter les Kansés, que l’on estime quinze cents familles; les Missouris, qui sont deux cents familles ; les Crevas (?) qui sont douze à quinze cents familles. Ils n’ont point l'usage des armes, ni de commerce avec aucun Européen. Ils parlent la mesme langue que les Akansas. Pour mille livres de quincaillerie, on fera marcher ces villages entiers.

Les Panis, qui sont deux mille hommes, se peuvent attirer chez les Manton, qui sont à cent lieues dans la rivière des Akansas, et par terre cinquante à soixante. [l y a tousjours dans la rivière trois pieds d’eau dans les eaux basses, à aller chez les Manton. Cinq cents livres de quincaillerie les feront changer delieu ; ce seroienttous gens qui chasseroient au bœuf et au chevreuil. La pluspart de ces gens ont guerre contre les Espagnols du Nouveau Mexique et contre les Inchas et les Penaca, qui sont amis des Espagnols. Les Manton ont pris chez ces Inchas, où il y a des establissemens espagnols, une négresse qui estoit establie la, et est actuellement chez les Cansé. La guerre des Espagnols du Nouveau Mexique contre ces Sauvages couste au Roy, à ce que m'a dit le Gouverneur, plus de quinze cent mille livres par année. Nous pouvons leur faire faire la paix.

Ayant fait tous ces mouvemens et placé ces Sauvages aux

lieux où je marque, ou aux environs, cela se peut faire avec

moins de onze à douze mille livres, ce qui ne me paroist pas cher pour faire changer de pays à plus de douze mille Sauvages. Le Canada n’envoyant pas aux Illinois, Miamis et Kikapous,

comme on a coustume, ce seroit près d'un millier d’escus mesnagés, qui se pourroit employer à ce que je propose, joint à plus d’onze mille, qui sont nos alliés et placés dans un lieu qui nous convient, et d’où, en cas de guerre contre les Anglois, nous pouvons, les ayant armés à leurs despens, lever plus de douze mille bons hommes pour aller sur le Maryland, la Virginie et la Caroline. Dans le nombre des Sauvages dont je parle je n’ay pas compris les Chaouanons et les Sauvages qui sont plus de deux à trois mille hommes, non plus que les Sauvages qui sont sur la rivière Rouge ow de Marne, qui sont bien autant. Je ne parle pas non plus des Sauvages, qui sont à cent ou cent vingt lieues au ouest du Mississipi, près des Panis, qui sont plus de quinze mille hommes, de la manière que les autres en parlent, mais nous ne les connaissons pas encore, non plus que ceux qui habitent le Missouri, qui sont très nombreux.

Les Assilibouels, Queristinos et Gens du Nord, quisont sur des rivières qui tombent dans le Mississipi, et qui vont en commerce au fort de Nelson, sont bien quatre cents hommes. Nous pourrions bien empescher ces gens-là d'aller au port de Nelson, quand nous voudrons. — On peut, dans quatre ou cinq années, avec ces Sauvages, faire un commerce de plus de soixante à quatre-vingt mille peaux de bœufs et plus de cent cinquante mille peaux de chevreuils, cerfs et biches qu’il faudra faire apprester sur les lieux, qui produiront, rendues en France, un retour de plus de deux millions cinq cent mille livres par année. On tire de chaque peau de bœuf ou vache, les unes portant les autres, quatre à cinq livres de bonne laine, qui se vend vingt sous, et deux livres de crin à dix sous. On fera, outre cela, chaque année, pour plus de deux

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