OPPOSITION DU CANADA
y en faire. Toutesfois leurs canots n’en seront pas moins chargés de marchandises et en rapporteront du castor, qui, arrivera en Canada, sous le nom de castor sorty de la baye des Puans, qui sera leur chemin. Ils iront Jà avec des ordres sévères pour empescher le commerce du castor, comme en ont tous ceux que l’on envoye du Canada dans le pays d'en haut, qui ne s’y occupent qu’à y faire du castor, quand ils y sont.
D'IBERvILLE.
A bord de la Renommée, le 20 juin 1702.
Sur les articles du Mémoire de M. d'Iberville concernant
le Mississipi et la Mobile, renvoyez par Monseigneur de Portchartrain au sieur de Champigny.
Il n’y a pas lieu de croire que M. d’Iberville puisse exécuter la proposition qu’il a faite d'approcher du Mississipi les Sauvages Illinois et Sioux. Des nations entières ne se transportent pas ainsi d’un pays dans un autre ; et quand cela seroit possible, il ne le faudroit pas, à moins de vouloir priver le Canada de la plus grande partie de son commerce pour le faire passer au Mississipi, les Sioux estant presque les seuls endroits où il y a à présent de bons castors, les autres nations en estant despouillées par la traite excessive et forcée qui y a esté faite depuis plusieurs années.
On ne doit pas estre surpris si M. d'Iberville propose le nommé Lesueur pour aller chez ces nations, estant un homme à luy, qui a espousé sa cousine germaine , et l’un des plus ardens du Canada pour la traite dans les bois, ne s’estant occupé