‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 464 sur 504 · INQUIÉTUDES DU CANADA AU SUJET DU CASTOR · texte numérisé non relu

INQUIÉTUDES DU CANADA AU SUJET DU CASTOR

dant on ne doit pas oster la liberté à des familles du Canada de s’establir au Mississipy, en cas qu’il s'en trouve qui y voulussent aller, mais il sera bon en mesme temps de prendre des précautions pour les empescher de faire la traite en passant.

S'il estoit possible d'obliger par de seures précautions les sieurs Juchereau et Lesueur de se renfermer uniquement à suivre leurs entreprises de tannerie et de mines, il y a apparence qu'ils ne feroient pas la moindre tentative pour y parvenir. L'expérience du passé a tousjours fait connoistre à messieurs les Gouverneurs et [ntendans en Canada, que toutes les propositions qui ont esté faites d'aller dans les bois n'ont tendu qu'à faire la traite, comme un commerce asseuré et avantageux.

Il sera plus à propos, si le Roy le trouve bon, d'accorder une amnistie aux Canadiens fugitifs, qui sont dans les bois, que de permettre qu'ils soyent receus au Mississipy, estant encore dans la désobéissance aux ordres de Sa Majesté, et, en cas que cette amnistie soit envoyée, il sera nécessaire de faire publier et afficher dans la colonie, avant de la porter dans les lieux où ils sont, afin qu'ils prennent davantage de croyance. On peut en mesme temps leur accorder la liberté d'aller s’establir au Mississipy, pourveu qu'ils n’y portent point de castor,

Si on traitoit des fusils pour du castor avec les Sauvages qui sont du costé du Mississipy, ce seroit un moyen pour en augmenter la masse, qui est desjà excessive, et achever d’abismer la colonie du Canada, qui n’est pas en cstat de l'acheter ; mais on y peut traiter pour des peaux de bœufs, de vaches, et d’autres grosses pelleteries.

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