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PROJET D'ENVOYER LESUEUR AUX SIOUX

retardement considérable, et mesme qu'il estoit trop petit, et j'ose vous asseurer qu’il ne pourra porter ces vivres et ce qu’il y a pour le Mississipi. C’est un bastiment qui a le fond fort petit.

I n'y a pas de nécessité d'envoyer à présent de sagefemme. J’ay deux charpentiers, un menuisier, six briquetiers et maçons. Ils sont de l’un et de l’autre mestier, un taillandier : voilà ce qu’il faut envoyer d'ouvriers à présent.

Il se trouvera bien quelques femmes et filles. Je ne crois pas qu'il faille les en asseurer, que l’on ne voye si le Wesp est suffisant. Il y a plusieurs passagers qui veulent s’y aller establir. Ilest bon de leur permettre de passer par préference, parce qu’ils fortificront le pays et y feront du commerce, ce qui est nécessaire pour les Sauvages, afin de trouver ce qu'ils auront de besoin.

Je ne pourray profiter de la grâce que vous me faites de me donner le retour de ce bastiment. {1 n’est nullement propre à en rapporter des masts. La condition du quart, auquel vous me l’accordez, est un peu trop forte, à revenir de Saint-Domingue pour des sucres que j'y ay. Pour me les apporter icy je n’en donne que la cinquiesme partie. Les sieurs de Volesar et Chasteaugay travaillent actuellement à lever des soldats ; ce sera deux compagnies qui se leveront promptement. Je ne doute pas que le sieur Lesueur ne soit capable d'exercer la charge de lieutenant général de la justice de ce pays-là, In'°y aura de longtemps beaucoup d’affaires ; jene me connois point assez au fait de ce qui regarde ces emplois pour en bien juger. Je ne sais que penser des appointemens que l’on pourra donner. Je crois que cinq cents escus par an peuvent luy suffire, abandonnant toutes ses affaires pour aller mener une vie

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D'IBERVILLE ACCUSÉ DE VOULOIR LA RUINE DU CANADA G2r aussy dure, que celle qu'il faut mencrdans les bois, Je ne sçais si VOus jugez à propos, Monseigneur, de l'envoyer cette année aux Sioux pour les mettre en mouvement. I] faudroit augmenter le fonds ordonné de ce qui luy seroit nécessaire pour le voyage des Sioux, dont il pourroit donner le mémoire. Je ne sçais, Monseigneur, si vous devez faire aucun mouvement chez les Sauvages, Sioux et.[linois, que vous n'ayez décidé s'ils dépendront du Canada ou de la Louisiane, Les veues du Canada sur le pays de ces Sauvages sont si diffé. rentes de celles que j'ay eu l'honneur de vous donner par mémoire, que je ne crois pas que vous deviez à présent rien faire proposer à ces Sauvages par la voye du Mississipy, que le gouverneur du Canada ne cesse d'y envoyer, car on y continue d’insinuer à ces Sauvages de ne rien escouter de ce qui vient des gens du bas du Mississipy. On est si prévenu en Canada contre moy et tous les gens qui ont quelque rapport au Mississipy, qu’il suffit qu’ils m'appartiennent pour devenir suspects aux puissances. Une des principales choses, qu'on ait recommandées aux deux députés, a esté de se méfier de moy el de ne me pas voir.

Voilà un mémoire d'une conversation de M. Lesueur avec M. Riverin. La grâce que je vous demande, Monscigneur, est que vous leur ordonniez de vous donner un mémoire, devant qu'ils voyent les miens, des veucs qu'ils or.t et des raisons de se plaindre tant du Mississipy, aussi bien que M. de Champigny, que j'ay veu iCy, qui ne m'a pas Paru en sçavoir plus que les autres de ce pays-là, et ce qu'ils ont à dire contre moy pour dire partout que j'insinue des Traités de ce pays et ne cherche que la ruine du Canada et mon intérest particulier.

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